SONNET LUI
Il est pour délaisser Laure, en voyant qu'elle ne cesse d'élre aussi cruelle à son égard.
Jamais je ne fus las de vous aimer , Madonne , Et je suis résolu de toujours vous aimer ; Mais je suis dégoûté de tant me détester, Et qu'aussi de mes pleurs la source tant foisonne.
Je veux qu'après ma mort une tombe on me donne , D'un marbre blanc couverte , où doit se consumer Cette chair que l'esprit peut encore animer, Et qu'on grave que là m'a mis votre personne.
Si pourtant un cœur plein d'amour et d'abandon Pouvait vous contenter , sans outrer ma souffrance , Ayez pitié de lui , donnez-lui son pardon.
Mais de votre dédain bien vaine est l'espérance ,
Il compte mal s'il veut un tout autre aliment ;
A moi-même, à l'Amour j'en fais mon compliment.