‹ Rimes de PétrarqueChapitre 25 sur 168 · SONNET XV · texte numérisé non relu

SONNET XV

Les apparitions touchantes de Laure viennent tempérer sa douleur.

0 Mort I tu Tas pâli le plus beau des visages Que rhomme vit jamais, éteint les plus beaux yeux, Et du plus bel esprit en vertus radieux Le beau séjour mortel soumis à tes ravages.

En un instant lu m'as pris tous mes avantages; -^ Tu l'as rendu muet ce parler gracieux Qui n'eut point son semblable, et moi tant soucieux ;' Ce que j'entends et vois vient grossir mes dommages.

Pour calmer les accès de mes grandes douleurs, ' Madonne m'apparait douce et compatissante : Je n'ai d'autre secours sur terre à mes malheurs.

Et si comme elle parle et comme elle est brillante Je savais raconter, l'amour par mes discours Enflammerait les cœurs, môme celui d'un ours.

50 SONNETS ET CANZQNES

SpNETTO :^VI.

Gode di averla présente col pensiero : ma trova poi scarso un taie conforto.

Sî brève è '1 tempo e '1 pensier si veloce Che mi rendon Madonna cosi morta, Ch' al gran dolor la medicina è corta ; Pur, mentr' io veggio lei, nulla mi noce.

Amor, che m' ha legato e tienmi in croce, Tréma quando la vede in su la porta Dell' aima, ove m' ancide ancor si scorla, Si dolce in vista e si soave in voce.

Come donna in suoalbergo, altéra vcne, Scacciando dcll' oscuro e grave core Gon la fronte serena i pensier tristi.

L' aima, che tanta luce non sostene,

Sospira, e dice : 0 benedette l' ore

Del di che questa via con gli occhi apristi 1

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