‹ Rimes de PétrarqueChapitre 84 sur 168 · SONETTO XLVIII · texte numérisé non relu

SONETTO XLVIII

S' clla or vivesse, e' polrebbe liberdraentc sospirare, c ragionar seco lei.

Tempo era ornai da trovar pace o tregua Di tanta guerra ; ed erane in via forse ; Se non ch' c' lieli passi indietro torse Clii le disagguaglianze nostre adegua.

Che, corne nebbia al vento si délégua , Cosi sua vita subito trascorse Quella che già co' begli occhi mi scorse, Ed or conven che col penser la segua.

Poco'aveva a 'ndugiar ; che gli anni c '1 pelo Cangiavano i costumi ; onde sospelto Non fora il ragionar del mio mal seco.

Con che onesti sospiri Y avrei dello Le mie lunghe fatiche , ch' or dal cielo Vede , son certo , e duolscne ancor meco !

SONNET XLVIÎI.

Si maintenant elle vivait, il pourrait librement soupirer et s'entretenir avec elle.

De trouver paix ou trêve à mon éternel mal L'heure venait, d'espoir mon âme était bercée , Quand mon illusion fut vite dispersée Par celle qui nous fait à tous le sort égal.

Aussi subitement reçut le coup fatal Que par le vent la nue est promptement chassée Celle que maintenant je vois par la pensée, Dont les beaux yeux jadis me servaient de fanal.

Ce jour-là s'approchait; mes cheveux, mes années, Mes coutumes changeaient; alors, sans nuls soupçons, Nous aurions pu causer de mes afflictions.

Avec quels doux soupirs, mes peines surannées J'aurais pu lui conter ! et je suis bien certain Qu'elle les voit du ciel et pleure mon destin.

lljB SONNETS ET CANZONES

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