Formulette de la question indiscrète
a) — Qu'est-ce que c’est que ça ?
— C'est des langues de trop curieux.
Côte-d'Or. Comm. par M. H. Marlot.
b) — Que portes-tu là-dedans ?
— Des nanins pour souffler au cul des deman-
deurs.
Pays de Bray. Decorde, Gloss, du patois de Bray.
c) — Qu’avez-vous là ?
— Des coquecigrues.
Leroux, Dict. comique (XVIIIe siècle).
d) — Qu’avez-vous là?
— Des coquecigrues et des poires merlin (var. : Des ortolans et des poires merlin).
Suisse romande. Blavignac, l’Empré.
e) — Qu’avez-vous là ?
— Des coquecigrues, des marrons d'Inde.
Pays messin.
f) De que fas oqui ?
— Caousse d’espillos.
(Que fais-tu 1à? — Je chausse des épingles.) Aveyron. Vayssier, Dict. du patois de l'Aveyron.
g) — Çhi a fait cheu?
— OI est Lustucru.
(Qui a fait cela ? — C’est Lustucru.)
Saintonge. Jônain, Dict. du patois saintonpeais.
\ h) — Où est-il ?
— Dans le four, avec la vache.
Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard.
3) Où est-il ?
— Dans sa chemise, où il passe des deux bouts. Côte-d'Or. Comm. par M. H. Marlot,
j) — Où est-il ?
— Il est au moulin où le diable tourne.
Morbihan.
k) — Où vas-tu?
— Tout droit devant moi; la terre est grande.
. de la Madelène, Le Marquis des Saffras q (roman comtadin).
1) — Où est-il allé ?
— Il est allé se noyer
A l’étang
Du moulin à vent.
Morbihan.
In) — Où allez-vous ?
— Je vais à Chenôve, glaner des queules (glaner des souches).
Dijon. Clément-Janin, Sobriqueis de la Côte-d'Or, 1880.
n) — Où vas-tu ?
— À Palentru Où les chiens jappent du cul.
Mantôche (Haute-Saône),
0) — Quel âge as-tu ?
— L'âge d’un veau, tous les ans douze mois.
p) — Comment t’appelles-tu ?
— Je m'appelle par mon nom; Tire la ficelle, et gobe l’étron.
g) — Comment t’appelles-tu ?
— Je m'appelle par mon nom Et toi boque-étron.
Auxois, Comm. par M. H. Marlot.
r) — Comment t’appelles-tu ?
— Je m'appelle par mon nom; Tu baïiseras mon c... sans raison.
Laas (Loiret).
FORMULETFES SATYRIQUES 301
s) — Comment t’appelles-tu ?
— Je m'appelle comme mon père.
— Et ton père ?
— Mon père s’appelle comme moi.
— Comment vous appelez-vous tous Les deux ?
— Nous nous appelons l’un comme l’autre.
#) — Comment t’appelles-tu ?
— Comme hier.
Ducatiana. Amsterdam, 1738, t. II, p. 486.
u) — Est-ce que tu demeures loin ?
— Il y a aussi loin de chez moi jusque chez toi, que de chez toi jusque chez moi.
Picardie. Corblet.
v) — Qu’as-tu vu? — J'ai vu Hurluberlu Monté sur un séu (1).
Picardie. Corblet.
w) — Quelle heure est-il ?
— Il est l'heure perdue, l’âne (var.: la bête) la cherche.
x) — Quelle heure est-il ?
— Il est l'heure perdue, La bête la cherche.
(1) Séu signifie sureau ?
— L'heure n’est pas perdue, La bête a répondu.
Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard.
y) — Quelle heure est-il ?
— Il est Pheure qu’il était hier à ce moment-ci.
x) — Que dit-on ? — Messe.
— Quoi de nouveau ? — Pois verds.
Polissonniana, 17. Rotterdam, in-12.
aa) — De quoi ?
— La soupe aux pois.
bb) — Quoi?
— Des pois.
cc) — De quoi?
— De la m.... au bout de ton doigt.
dd) — Couai ? couai ?
— Elle ne couait (couvait) pas, elle pondait.
Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard.
ee) — Quand ? quand ? [champs, — Quand les canes s’en vont aux La première passe par devant.
Dict. portatif des proverbes (XNIII- siècle).
ff) Quand ? quand ?
— Quand les canes iront aux champs,
Et que tu leur baïseras le cul en en- [trant.
Beauce. Comm. par M. ]. Poquet.
gg) — Pourquoi ?
— Parce que.
hh) — Qu'est-ce que tu as dit ?
— J'ai dit, je ne dis plus, Tant pis si t’as pas entendu.
ii) — Qu'est-ce que tu dis ?
— Je dis ce que je dis Tu mangeras ce que je ch.
Loiret, Comm. par M. L. Beauvillard.
ff) — Qu'est-ce que tu as dit ?
— On ne répète pas la messe pour les sourds.
Environs de Paris.
kk) — Qu'est-ce qu'il y a de vrai dans tout cela ?
— On n’a jamais pu savoir : il n’y avait qu’un homme et une femme qui le savaient; ils sont morts sans laisser le secret à leurs héritiers.
ID Mêle-toi de ce qui te regarde; on ne te demande pas l'heure qu’il est (war. : l’âge que tu as).