‹ Rimes familières (volume 2)Chapitre 4 sur 31 · A M. JACQUES D · texte numérisé non relu

A M. JACQUES D

Jeune homme heureux à qui tout sourit dans la vie.

Garde bien ton bonheur!

Tu n'as jamais connu la haine ni l'envie ;

La paix est dans ton cœur.

Ta mère n'est plus là : mais ton père est un frère

Et ta femme est un ciel ; La coupe qui souvent n'a qu'une lie amère

Pour toi n'a que du miel.

A. iM. JACQUES D***.

Peut-être voudrais-tu guerroyer dans Tarmée Des conquérants de l'Art,

Et qu'un jour t'acclamant, pour toi la Renommée Déployât l'étendard.

Imprudent! fuis la route où son clairon résonne!

Elle mène à l'enfer.

Si la déesse au front nous met une couronne,

La couronne est de ter.

Tu connaîtras, hélas ! si ton char met sa roue Dans ce chemin glissant,

L'ornière qui se creuse, et le froid sur ta joue De l'Aquilon puissant !

Tu connaîtras les yeux menteurs, l'hypocrisie Des serrements de mains.

Le masque d'amitié cachant la jalousie ; Les pâles lendemains

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