‹ Rimes galantesChapitre 19 sur 42 · MM · texte numérisé non relu

MM

Près de mes Heurs, loin du fouet de son maître,

(ientille ânessc au corsage zébré,

Dont le gardien là-bas dort sous le hêtre.

Au pied de ma maison

Vient brouter la laitière , Et ses flancs pour litière Choisissent mon gazon.

Les dents de la friande

Dédaignent la lavande, Le thym, le jeune osier,

Pour mordre à mon rosier.

De loin l'ànier jure et blasphème.

Et moi je dis :

— Broute, nourrice, enfle tes pis, Fais de mes roses de la crème;

Guéris la toux

De ma voisine, Qui vient le soir sans palatine Sous mon rosier, sur mes genoux.

Car près d'Auteuil j'ai dans mon voisinage Gentille dame au vieux mari jaloux.

Kien qu'un buisson pour clôture entre nous.

Dès qu'il fait nuit, la belle en frais eorsage, Loin du grondeur, près du mur de feuillage Rôde, gazouille, appelle, et notre époux Dort au logis dans sa robe à ramage.

Par le buisson ouvert Passe une jambe fine ; Et bientôt ma voisine Foule mon gazon vert.

— La nuit est vaporeuse, Et la dame est frileuse :

Sous mon rosier fleuri L'amour cherche un abri.

De loin l'époux prédit un rhume.

Et je dis moi :

— Tousse, maîtresse, enrhume-toi; Demain, tu boiras sur la plume,

A petits coups,

La crème rose <Jue gentille ànesse compose Sous l'églantier du rendez-vous.

Bravez le frais du soir, romanesques épouses Glissez sur les pelouses Où l'amour vous conduit.

Loin des époux moroses Alfrontez sous les roses Le souffle de la nuit.

Si le mutin, la toux vous condamne à l'alcôve. On vous prescrit la mauve, Le tilleul anodin :

Mais que la chambrière Refuse la théière Aux tleurs du médecin.

Que plutôt sur le seuil de sa chère maîtresse On conduise uneànesse; Le lait fumant jaillit, Et la crème mousseuse Rendort la paresseuse Dans le creux de sou lit.

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