‹ Rimes légères: chansons et odelettesChapitre 14 sur 45 · LE VRAI TRÉSOR · texte numérisé non relu

LE VRAI TRÉSOR

Le cœur, le cœur de ma mie, Voilà mon cruel souci.

Le soin qui trouble ma vie Et qui la consume aussi.

11 est chose si légère Que je tremble bien souvent, Comme la feuille éphémère, Qu'il ne tourne au moindre vfiil

Ma mie est vraiment divine ; Mais qu'importe sa fraîcheur, Ses beaux yeux, sa taille fine, Hélas ! si je n'ai son coeur.

Sans le cœur, sans sa tendresse, Qu'est ie parfum de Tamour? Plaisir suivi de tristesse Et qui ne dure qu'un jour.

Âh ! quand j'ai la certitude Qu'il est bien à moi, ce cœur, En mon humble solitude Je deviens fou de bonheur.

Avec ce trésor suprême Je fais il du monde entier.

De la richesse elle-même Et du plus brillant laurier.

Tous les trônes de la terre SoDt peu de chose à mes yeux* Moins que le grain de poussière Que le vent balaye aux cieux.

i.ES PLAINTES DE SUZETTE

Sur un vieux refrain

l^orsqu*à ma mansarde Grimpe mon amant, A peine il regarde Et cause un moment.

Son âme est distraite, Toujours du souci :

Ah ! pauvre Suzette !

.rirai chercher un ami A Pondirhéri.

Si je dis : Mon ange, Allons promener; Le ciel bleu s* arrange Pour r après-dîner ; Quelque mal étrange L'oblige à rester :

Ah! comme tout change!

J'irai chercher un ami A Pondichéri.

Ma voix si légère Qu'il admirait tant Ne sait plus lui plaire Et fausse à présent ; La jeune fauvette Au fredon brillant N'est qu'une chouette :

J'irai chercher un ami A Pondichéri.

En vain je l'embrasse De douce façon,

Lui froid comme glace Me tend le menton ; Toujours je chiffonne Sa chemise à pli :

Ah ! s'il m'abandonne !

J'irai chercher un ami A Pondichéri.

LE GCEUR FAIBLK

GHAZEL.

Éloigne, éloigne ces beaux yeux Que trop souvent sous d'autres yeux Tu te plais à porter, cruelle !

Éloigne, éloigne ces beaux yeux Dont le regard m'est infidèle.

Mais las! ils sont si doux, tes yeux, Que, malgré le cri de mou àme,

Je ne puis faire que mes yeux N'aillent chercher leur tendre flamme.

Phare trompeur, dussent tes yeux Être cause de mon naufrage^ Sur eux toujours iront mes yeux ; Car je n'ai dans mes jours d*orage Pour étoiles que tes beaux yeux.

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