‹ Rimes légères: chansons et odelettesChapitre 24 sur 45 · LA VIGNE · texte numérisé non relu

LA VIGNE

Et moi, d'une riche couronne

J'ornerai ton front protecteur.

Et sur ton sein, aux jours d'automne,

J'exhalerai comme Érigone

Ties plus doux parfums de mon rcpiir.

l'ormeau.

Charmante fille de la plaine, Unissons -nous étroitement; Que Tamour divin nous enchaîne :

Le plaisir de la race humaine Naîtra de notre embrassement.

l.A COURSE DU BERGER

Las de mener mon troupeau vagabond De monts en monts, de plaine en plaine, Sur un roc près d'une fontaine

J'ai doucement laissé tomber mon front.

Là, le sommeil aux chansons de la source A fermé mes yeux un instant ; J'ai dormi, puis, le cœur content.

J'ai rouvert l'œil et j'ai repris ma course.

Tout en marchaDt, fai mené mon troupeau Aux bords fleuris d'une rivière, D'une ri\ière où fraîche et claire

L'onde courait à travers maint roseau.

Tandis qu'agneaux paissaient l'herbe profonde,

• A fleur d'eau nageait le poisson, Et moi, les mains sur mon bâton,

Je contemplais ses mille jeux sous l'onde.

L'heure passait : mais voilà que des chants Frappent mon âme inattentive :

Je regarde et, sur l'autre rive.

Je vois assis dans l'herbe deux amants.

Or ces enfants, au sein de la verdure, Sans voir qui venait si près d'eux.

Comme au nid des oiseaux heureux

Chantaient l'amour et la belle nature.

A les ouïr, de mon antique ardeur Me revint douce souvenance;

Le temps de mon adolescence Comme un trait d'or repassa dans mon cœur Et je leur dis : De cette heure bénie

Jouissez bien, heureux amants!

Car, comme Tonde aux bruits charmants, L'heure d'amour sera bientôt enfuie.

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