‹ Rimes légères: chansons et odelettesChapitre 35 sur 45 · LE JOUEUR DE VIELLE · texte numérisé non relu

LE JOUEUR DE VIELLE

Assez, assez tourner ta nielle :

Voici deux sous, tiens, pauwe enfant !

Merci de ta chanson nouvelle , De ton air vif et sautillant.

Pourquoi rester dans cette rue Où de toi Ton fait si peu cas?

Jouer ici, peine perdue :

L'on passe et ne t'écoute pas.

U est des endroits dans la iriUe Moins riches et moins firéqnentés Où de ta ridie, enfant dâiile.

Les airs seront nûeox écovités.

Ce sont ceux que le pauvre habite.

Ceux où, pendié sur on métier, L*onmer, dans un homUe gîte, Passe le jour à travailler.

Porte en ces lieux ta manivelle.

Et là, de gentille façon, Fais éclore, sous ta main frêle Une douce et tendre chanson.

Là, plus d'une fenêtre sombre Pour f écouter s'entr*ouvrira :

Même à tes pieds du sein de Tombre Plus d'un gros sou rebondira ;

Car musique aux notes de flamme Fait au pauvre un bien sans pareil :

Elle est pour rhiver de son ftme Un rayon de divin soleil.

LA CHATAIGNE

La châtaigne commence  paraître aux faubourgs :

C'est rhiver qui s'avance ; Adieu les beaux jours !

Cher Paris, tes dimanches Ne verront plus sortir Habits neufs, robes blanches Avec tant de plaisir.

Fleur en main, Tâme tendre,

Âui champs Ton n'ira plus

* Folâtrer et s'étendre

Sur les gazons toufiîis.

Plus de filles alertes Tout le jour trayaillant, Les fenêtres ouvertes, Au soleil sémillant; Plus de jeux à la brune Sur le seuil des maisons, D*amours au clair de lune, De danses, de chansons !

Il faut que Ton reprenne Les ennuis du logis.

Et les longs jours de peine Et les plus longues nuits; Et que chacun demeure Près d'un rouge tison

A voir s'écouler Fheiire Oh! la triste saison!

La châtaigne commence  paraître aux faubourgs; C'est Thiyer qui s'avance :

Adieu les beaux jours !

Page 1