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RIS ET CROQUIS 371 on appartient à un cercle ou à un club quelconque: club de billard, de pêche, de chasse, de gymnastique, de raquette, de bicycles, de tir, de natation, etc, etc., pas à un cercle littéraire par exemple, car celui-là on le laisse aux naïfs, aux rétrogrades qui n'étant pas de leur siècle, ne comprennent rien aux grandes conceptions du jour. Aussi il n’est pas rare de voir ces clubs recruter chacun cinq à six cents membres appartenant presque tous aux professions libérales et jouir de la plus grande prospérité, tandis que l’on crierait merveille si l’on voyait un cercle littéraire comptant trois cents membres actifs et se maintenant par les seules contributions de son personnel !
Mon intention n’est point de vouloir proscrire tous ces clubs. Si, pour la paix du foyer domestique, plusieurs méritent la peine capitale, il faut avouer que quelques-uns ont leur utilité, mais qu’on sache donc, une bonne fois, leur assigner la place qui leur convient. Il me semble que la culture de l'intelligence doit avoir le pas sur celle
372 RIS ET CROQUIS du corps. Chaque jour, hélas, c’est l'opinion contraire qui prévaut, L'intelligence n’a pour sa nourriture que ce qu’elle peut attraper : les cancans du jour, les scandales de la veille, puis le menu piteux des publications hebdomadaires qui ne savent colporter que des romans et des nouvelles indigestes, et, tandis qu’elle vivote ainsi, le corps, ce favori auquel on ne refuse rien, fait des siennes auprès de ménestrels barbouillés, de bouffons facétieux, de comédiennes des petits théâtres à dix centins ; il fête continuellement, promenant son triomphe de banquets en banquets —il faut qu'un club soit bien pauvre aujourd’hui pour ne point se donner le luxe du banquet traditionnel—allant du Windsor au Ba/moral, du Richelieu au Duperrouzel, de St Henri au Sault au Récollet.
Quand donc finirons-nous par comprendre que ce n’est pas par les succès éphémères de ses rameurs, de ses pugilistes ou de ses tireurs, mais bien par son degré de culture intellectuelle, par son influence littéraire et religieuse, par le nom-
con: bre de ses penseurs et de ses érudits, par la ir Sa science et le renom de ses écrivains, qu’une nadi tion se distingue parmi les nations, qu'un peuple is le figure avec avantage aux fastes glorieux de l’hisjaires toire ?
t des Sont-ce des rameurs qui ont rendu fameux le ivote siècle de Léon X ? Sont-ce des pugilistes qui ont e rien, illustré le siècle de Louis XIV et mérité à la uillés, France un prestige qu’elle n’a pas encore perdu? petits Que valent les palmes d’un Hanlan ou d’un Cyr, ement, à côté des fleurons immortels d'un Bossuet, d’un nquets Bourdaloue, d’un Massillon, d'un Corneille et urd’hui d'un Racine ?
et tra- Vous rêvez pour votre patrie un avenir gloal, du rieux, il ne vous sied plus, Canadiens, d’être in- Sault différents en littérature, car ce serait travailler à i’anéantissement de ce beau rêve, ce serait emdre que pêcher sa complète réalisation !
ses ra- Encouragez les clubs, les meilleurs, soit ! mais 5, mais que nos cercles littéraires et religieux aient aussi lle, par leur part de vos faveurs : la part la plus grande, te nôfn: la plus belle ! réjouissez-vous des coupes de vos