‹ RisetteChapitre 13 sur 31 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

chère, c'est lui qui me suivait depuis des siècles, et il nous

Offre UI1 déjeuner de prince. (Elles ramassent les tessons.) RISETTE.

Et tu as accepté ?

EVE LIN A

Tiens ! tu n'as peut-être pas faim, toi ?

Si Gigonet savait ça?...

Gigonet ! ça lui est bien égal que j'aie l'estomac dans les talons.

ANTONIN, descendant entre elles.

On parle bas ! je parie qu'on dit du mal de moi !

ÉVELINA

Ah ! monsieur, nous avons trop de galanterie... (Eiie porte

es tessons dans le placard.)

RISETTE, sèchement.

Les verres sont dans l'armoire, monsieur; il y en a un petit et un grand à pied, sans pied, (n va les chercher.)

ÉVELINA , revenant.

- Tu n'es guère gentille avec lui...

Et toi tu l'es trop, sans seulement savoir qui il est.

ÉVELINA

Ma chère, quand un homme paye à déjeuner, il est de bon goût de ne pas lui demander ses papiers.

Tu es ta maîtresse, ma chère; mais moi, je n'en suis pas, du déjeuner.

ÉVELINA

Ne t'en va pas ! c'est du dernier mauvais ton !

Tant pis !

ANTONIN

Mesdemoiselles, le couvert est mis. Ne faisons pas attendre les côtelettes aux cornichons.

ÉVELINA, se mettant à table.

Vivent les côtelettes aux cornichons! (a Risette.) Fais pas la bégueule !

RISETTE, à Antonin.

Monsieur, vous êtes bien honnête, mais je n'ai pas faim ! J'ai une course très-pressée, et je n'en mangerai pas, de vos

Côtelettes aUX COrnichonS. (Elle passe derrière la table.) ANTONIN, passant devant la table.

Comment, mademoiselle?... mais vous... mais c'est...

ÉVELINA

Laissez-la... c'est son idée...

ANTONIN

Certainement 1 si en effet... mademoiselle... je suis bien

désespéré... (il passe derrière Évelina.)

RISETTE, saluant.

Bon appétit, monsieur! bon appétit, ma chère amie! (Avec une émotion contenue.) Je me serais fait un vrai plaisir... mais vous comprenez, quand on n'a pas faim... (nie sort.)

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