‹ Rivarez & Loupy; vaudeville en trois actesChapitre 105 sur 121 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MADAME BARBENTANE

Comme des sardines, je te l'avais dit!

Taisez-vous et fermez, on vient I

Elle pose le plateau sur la table à gauche. MADAME DUPONT, entrant en riant au fond à droite, va s asseoir au canapé.

Ah!... Il est roulant, ce sacré Baptistin I... Gomment le trouves-tu, le marchand d'olives?

MARIE

Pour sûr, il est crevant !

MADAME DUPONT

Qu'est-ce que tu fais là ?

MARIE

Vous voyez, je prépare le café.

MADAME DUPONT

Ici!...

MARIE

Il y a un invité, je pensais...

MADAME DUPONT

Tu es folle, nous le prendrons au fumoir, comme d'habitude.

MARIE

Bien, madame.

Elle sort an deuxième plan à gauche. Irma entre en riant, du fond à droite.

Qu'a«-tu donc ?... Il a encore dit quelques bêtises ?

IRMA

Je me sauve... je ne pouvais plus tenir mon sérieux.

146 RIVAREZ ET LOUPY

MADAME DUPONT

Qu'est-ee qu'il a raconté ?

IRMA

Tu l'as trop émoustillé!

MADAME DUPONT

Il est gris?

IRMA

A peu près... Il appelle Alfred son cher ami... il lui fait un discours sur la culture des oliviers et la fabrication de l'huile.

MADAME DUPONT

Pauvre Alfred! Gomme ça doit l'intéresser!... Ils vont s'endormir tous les dev.x ! . , .

IRMA

Les voici! (Elle passe à gauche. — Entrent Loupy et Barbentane, celui-ci un papier et une plume à la main. — Du

fond à droite.) Oui, mon cher ami, l'olivier a été importé en Provence par les Phocéens, 600 ans avant Jésus-Christ.

LOUPY^ assis sur le canapé.

Mince, alors!... Je ne les croyais pas si vieux que ça!

MADAME DUPONT

Qu'est-ce que vous faites, vous écrivez ?

BARBENTANE

Oui... excusez-moi, je termine une dépèche et suis à vous.

Il rentre dans la salle à manger.

IRMA, allant vers Loupj.

Une dépèche?

LOUPY, toujours assis.

C'est pour sa femme... Ah! Il en a une mufféel...

A-rrE TROISIÈME 147

11 ne veut pas rentrer chez lui, il nous otîre à dîner au restaurant!

IRMA

Il peut encore écrire?

LOUPY, riant.

Tout juste !... Oh! mince alors, il ne lui en faut guère pour le soûler, j'ai bu autant que lui, je ne m'aperçois de rien.

MADAME DUPONT, à droite.

Il bavarde tout le temps, c'est ce qui l'a grisé.

LOUPY, riant.

Il m'en a raconté des histoirebl... Il ne veut plus retourner à Salon, il voulait absolument me vendre son fonds, il est crevant, ce vieux-là !

M.\DAME DUPONT

Te vois-tu marchand d'olives en gros?

♦ LOUPY.

Je suis au courant du commerce, j'en ai vendu au détail pour Sarrazin.

MADAME DUPONT

Eh bien, il ne vient plus, le café va être froid.

LOUPY,

Oh ! Il va être deux heures, à accoucher de sa dépêche, je vais en griller une, moi! Viens-tu, Irma?

Elle sort. Il sort par le fumoir.

IRMA

Je te suis. Viens donc, maman !... Marie lui montrera le chemin.

MADAME DUPONT

Je vais voir s'il ne s'est pas endormi.

148 RIVAREZ ET LOUPY

IRMA

Viens-tu, maman?

MADAME DUPONT

Va avec Alfred, je vous rejoins.

IRMA

Bien!

Il sort.

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