SCENE XII
DE RIVAREZ, BOUROTTE et CÉLESTIN.
RIVAREZ^ au-dessus de l'armoire.
Me voilà bien! je suis tout mouillé !.. Tiens, plus personne! J'espère qu'on ne m'a pas oublié.
GÉLESTINj sortant de la chambre au iiremier plan, une bougie à la main.
C'est la première fois que je viens chez une cocotte huppée '... Ce que ça sent bon, là-dedans !... Quand j'aurai gagné le gros lot, j'en entretiendrai une... pendant une demi-heure I...
RivAREZ. ■ Gomment! Ils sont deux!...
BOUROTTE.
Dépêchons-nous !
GÉLESTIX.
Oui, patine-toi un peu. Ce qu'il est lambin, ce vieux-là!..
BOUROTTE.
Qu'est-ce que vous dites ?
40 RIVAHIiZ ET LOCPY
GÉLESÏIN.
Attends... je vais articuler.
A l'oreille, il fait un mouvement exagéré des lèvres comme s il articulait, mais sans faire sortir de son.
BOUROTTE.
Vous n'avez pas besoin de parler si fort. J'entends bien !
GÉLESÏIN.
Il n'y a que la foi qui sauve !.. Je n'ai rien dit !...
BOUROTTE.
Ici, nous n'avons que ces deux meubles.
GÉLESTIX.
Oui. Dépêche-toi !
Ils posent les scellés sur l'armoire-lavabo. RIVAREZ.
Qu'ost-ce qu'ils font donc?... Je leur dirais bien de m'ouvrir ; mais décidément, je serais trop ridicule ! Pourquoi restent-ils là?... Si je pouvais voir !.. (comme
il baisse la tête, son chapeau et son toupet tombent sur l'huissier.) Oh!..
Il disparaît.
BOUROTTE.
Qu'est-ce que c'est que ça?
GÉLESTIN.
Tiens, il pleut des chapeaux !
BOUROTTE.
D'où vient-il?
GÉLESTIN.
Ma foi, je me le demande !
BOUROTTE.
C'est un peu fort... par où est-il passé? La fenêtre est fermée... la porte aussi, on n'a pas pu le jeter.