ACTE PREMIER
autrement... Mademoiselle Barbentane, ma fiancée, s'ennuie à Salon... Elle meurt d'envie de voir Paris!.. De plus, elle va être comtesse, elle pourra jouer à la châtelaine quand nous irons dans nos terres!... Je suis persuadé que toutes ses petites amies envient son sort !
IRMA, se levant et allant au-dessus du canapé.
Gomment est-elle, ta demoiselle Barbentane ?
RIVAREZ.
Je t'avoue que je ne me la rappelle pas très bien!
MADAMK DUPONT.
Vous ne l'avez peut-être jamais vue?
Si, une fois... c'est une petite très mince.
IRMA
Heureusement que la dot est grosse !
MADAME DUPONT
Gela compense...
IRMA. -
Agréablement !
RIVAREZ, regardant sa montre, se levant.
Je vous demande pardon, mais j'ai rendez-vous à neuf heures et demie, avec mon homme d'affaires.
MADAME DUPONT
Nous allons vous revoir ?
RIVAREZ.
Ge matin mêmel... Aussitôt que j'aurai touché, je VOUS apporterai la somme promise. Vous me connaissez, vous savez que je n'ai qu'une parole, je n'ai pas besoin...
Irma va s'asseoir à droite, au-dessus du canapé.
10 RIVAREZ ET LOUPY
MADAME DUPONT
De mêla donner. Merci, je l'ai déjà! C'est même tout ce que j'ai de vous.
Nous verrons si on peut y compter.
MADAME DUPONT, doscendant en pleurant.
Si nous ne touchons pas ces 23,000 francs, nous n'avons plus qu'à nous tuer.
RIVAREZ.
Ah I vous exagérez, vous n'êtes pas sans argent ?
IRMA
La preuve que nous sommes sans le sou, c'est qu'on nous saisit.
MADAME DUPONT
Je crois que c'en est une^ de preuve!
RIVAREZ.
Cependant...
IRMA
Ce que tu me donnais ne me suffisait pas.
MADAME DUPONT
Depuis l'Exposition, tout a augmenté!
RIVAREZ.
Vous jetez donc l'argent par les fenêtres?
MADAME DUPONT
Si on peut dire ! nous qui vivions comme des petites bourgeoises!
RIVAREZ.
Je croyais, au contraire, que vous aviez des économies!...
Des économies!... Quelles économies?... Oùlespren-