Préface du Petit Dictionnaire, passim
2. Il a maintes fois raillé sur ce point l'Assemblée. Il dit dans une note du n° 12 de la 2^ série : « On se souvient que la prérogative dont l'Assemblée s'était montrée le plus jalouse, c'était d'être entourée de peuple pendant ses séances; mais quand il a été question de fixer le traitement des députés, leur discrétion et leur modestie les ont portés à se retirer dans leurs trente bureaux, où ils ont arrêté et décrété secrètement qu'ils seraient payés à raison de 18 livres par journée, et, depuis qu'ils sont dans Paris, à raison de 24 livres, à compter du jour de leur arrivée ù celui de leur départ. Us ont stipulé 5 livres par poste pour frais de voyage, et par le même décret ils ont autorisé M. Necker à payer six mois à chaque député. Cet article seul, sans autres frais accessoires, monte à plusieurs millions; ce qui paraîtra quelque chose dans un temps où le patriotisme n'a pu remplir un emprunt proposé par M. Necker et garanti par la nation. » Voir aussi 2* série, n" 6, note.
3. Journal Politique National, 3" série, n° 5. Sur cette mascarade du 19 juin 1790, voir le n° 146 des Actes des Apôtres.
4. Les Actes des Apôtres, n° 15, mettent en scène le bonhomme dialoguant avec deux « enragés », l'un de la droite, l'autre de la gauche. Pour lui qui n'aime ni les nobles, ni les prêtres, il est fidèle « à ce bon roi, nom d'in-
mais la sublime simplicité de son costume a suffi à l'admiration de Paris et de Versailles, et il a paru inutile de faire expliquer un paysan sur l'abolition des droits seigneuriaux ». Mathieu de Montmorency, « le plus jeune talent de l'iVssemblée, bégaie encore son patriotisme sous la férule de l'abbé Sieyès; ce grand législateur en a même attrapé le glorieux surnom de fesse-mathieu ». Mais combien d'autres, dont la faconde compense le mutisme ou supplée à l'inexpérience de quelques-uns ! L'abbé Gouttes « a opiné pour la vente des biens du clergé dont il n'avait pas à se reprocher la jouissance ». Gouy d'Arcy, « ayant essayé inutilement de plusieurs bailliages pour parvenir aux Etats généraux, a fait semblant d'arriver de Saint- Domingue, et on l'a reconnu député de l'autre monde; on a voulu le rendre méprisable et le tourner en ridicule; mais il n'a eu besoin que de parler et de se montrer pour rendre tout cela inutile * )>. M. de Montesquiou, « ayant géré longtemps les écuries de Monsieur », a cru pouvoir diriger le comité des finances et a fait un plan ^ M. Blin, député de Nantes, est un des nombreux médecins qui siègent à l'Assemblée : « son patriotisme a tellement ébloui ses compatriotes qu'ils ont encore mieux aimé être ses
Dieu!.... Ça me fait mal au cœur, quand j'I'vois sur noL' terrasse avec son petit gas venir faire la digestion d'une tasse de thé. » Il définit ainsi la Constitution qui lui plairait, avec deux Chambres et le veto absolu : " M'est avis que les lois doivent se fricasser comme notre omelette. Nous aut' peuple, j' sommes la friture; les grands, les riches, les nobles, sont les œufs et les fines herbes. Quand j' sommes tout seuls, je crions, je bouillonnons, je prenons feu, j'allons par-dessus les bords : pan! on flanque les œufs dans la sauce; ça ne crie plus, ça se fond l'un dans l'autre, ça vous prend une couleur ben dorée, ben appétissante; stila qui tient la queue de la poêle, n'a pu qu'un p'iit coupa donner, — et puis c'est un morceau de roi. » Cette omelette peut aller avec la salade à laquelle le petit père André comparait la chrétienté. Quant à la blouse du député Gérard, nous l'avons vue reparaître à la Chambre. Mon Dieu! que la vie est monotone et le passé semblable au présent!