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Lettre à son père du 12 mai

blée législative; ce qui n'est pas si facile que de rendre un ou deux de ses membres ridicules* », et en 1791 il déplore « le grand parti que la majorité a tiré des injures que lui a toujours prodiguées la minorité ))\ Si, entre ces deux dates, il a fait chorus avec les rieurs, c'est qu'aussi la surprise avait été trop forte. Ce raffiné n'avait pu voir paraître les « nouvelles couches », poindre le régime du suffrage universel avec ses orateurs de plein vent et ses gazettes écrites par tout le monde dans le style de tout le monde, sans se croire en pleines « saturnales de la liberté », et jeter un : Arrière, canaille! Même quand je suis de cœur avec ceux qu'il persifle, tout ne me semble pas méprisable dans cette révolte de l'esprit contre le triomphe de la force et du nombre.

Au reste, je ne puis certifier, mais j'ai quelques raisons de croire qu'il a cessé de collaborer aux Actes des Aiwtres à peu près dans le même temps qu'il cessait de publier son Journal Politique National, à la fin de 1790. ^ Non qu'il ait renoncé à railler chez Mme de Goigny, chez la marquise de Chambonas, chez le vicomte de Ségur, les gens delà droite qui sont « si gauches » et les gens de la gauche qui sont « si peu droits »'\ Qui veut compléter la collection de ses bons mots doit lire de près les petites feuilles royalistes en 1791 et 1792. La Chronique S canda-

1. Journal Politique National, 2® série, n° 7, Avertissement.

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