Ici., p
3. Voir dans le Discours Préliminaire, p. 74 : « L'imagination n'est qu'un miroir dont les riches tableaux dépendent des objets que le hasard lui présente : et pour parler sans figure, l'imagination n'est que le sentiment en premiè7'e instance ». — Pour parler sans figure est assez drôle ici.
4. Voir la préface de VEsprit de Rivarol, et l'article du Mercure du 28 messidor an X, que Sainte-Beuve dit être de Guéneau de Mussy.
et nous avoir jeté à rimagination deux ou trois de ces belles expressions poétiques qu'il semblait créer en se jouant, se remit à causer littérature *. » Oui, il est prompt à quitter le jardin pour le salon et la contemplation pour la causerie. Chateaubriand et Hugo s'y prenaient autrement pour faire leur palette. Ils ne regardaient pas le printemps ou l'automne d'une fenêtre ouverte sur un beau et noble parc; l'un a couru les landes de Bretagne, les savanes de la Floride ', erré à travers le bois et le marais ^, rêvé sur la falaise ou sur le pont du bateau, dans le vent du large et les embruns; l'autre, après avoir interrogé la forêt, la montagne et la mer, a exploré la rue et découvert Paris.
Qu'on analyse les phrases métaphoriques de Rivarol : on verra qu'il en puise les éléments dans les sciences, les arts et métiers, l'histoire, et, sans toutefois en abuser, dans la mythologie, bref, dans sa mémoire d'homme instruit plus que dans l'observation personnelle et directe du monde sensible. Il n'a pas su s'affranchir tout à fait des leçons de l'école, plus près encore de Lebrun que de Delacroix. Trop de boucliers et de flambeaux, trop de chars et de vaisseaux! La maxime qu'il ne peut y avoir d'impôt sans enregislrement était jusqu'à la Révolution « le bouclier de la fortune et de la liberté publiques » *; le duc d'Orléans a profilé des fautes du roi, des fureurs du peuple et de toutes les factions de l'Assemblée, il a dirigé les unes et les autres, « afin de s'élever par l'effort de tant de causes ennemies, ainsi qu'un vaisseau monte sur les