‹ RivarolChapitre 31 sur 203 · Id., 6 mai · texte numérisé non relu

Id., 6 mai

9. Le comte de Mesmon, mondain mélancolique qu'une aventure malheureuse avait obligé à se retirer de la société, était très lié avec Rivarol; c'est lui qui essaya de le réconcilier avec Chénedollé au moment de leur brouille {Chateaubriand et son groupe, II). Il fut emprisonné avec Berlin

qu'il ne publiera rien du tout avant de s'être arraché « au genre de vie qu'il a adopté » à Hambourg, et « à la foule d'importuns au moins, quelques-uns même intrigants » dont il est assailli *. De ces deux prétextes le premier serait plus sérieux si l'engagement pris avec ïhauvenay n'était antérieur déjà de quatre mois à l'arrestation des deux journalistes ^ Le second est tout près d'être une vérité. Mais « son genre de vie » ne dépend point de la ville où il réside. Dès le 27 mai il se dit décidé à partir « dans trois ou quatre jours » pour Berlin; il y sera mieux « pour continuer (ou commencer?) tranquillement et utilement son travail » ^ Quelle illusion! Il part, en effet, et non sans peine, après avoir hésité un peu plus de trois mois, remis de jour en jour, emballé longtemps à l'avance tous ses livres *; il part le 9 septembre pour Brunswick ^,

d'Andilly le 18 juillet. Rivarol fit maintes démarches auprès de Mourawiew, envoyé extraordinaire de la Russie, pour leur gagner sa protection. Mais Mourawiew était tout occupé à faire sa cour à Mlle Tirepaine, actrice française. Le 29 août, la Russie envoya bien deux passeports pour les prisonniers : le sénat de Hambourg qui tremblait au seul nom de Bonaparte ne les laissa partir que le 13 octobre. J'emprunte tous ces détails aux lettres de Thauvenay.

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