‹ Robert Boyle. Étude biographiqueChapitre 2 sur 2 · SV · texte numérisé non relu

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Hâtons -nous de clore cette longue énumération de travaux de détail, pour en saisir s’il se peut l’ensemble, et pour examiner l’influence qu’ils durent exercer sur la marche ultérieure des sciences qui en sont principalement l’objet.

Au moment où Robert Boyle entra dans la carrière, la physique et la chimie n’existaient point comme corps de doctrine. La réforme scientifique, dont Galilée avait donné le signal, bien qu’elle eût été poursuivie par Bacon, par Descartes, et plus pratiquement par Otto de Guericke, Torricelli et Pascal, n’avait pas encore pénétré dans les écoles. Des recherches isolées, sans aucun moyen de publicité générale, et jusque là concentrées à des-

seim dans les laboratoires, ne répandaient encore qu’une faible lumière sur renseignement public et sur la pratique des arts. L alchimie avait habitué les hommes de science à vivre et à travailler dans l’isolement, et la scolastique les avait accoutumés à se contenter de vains mois. Les travaux avaient lieu dans le silence et s’entouraient de mystère, tandis que l’enseignement s exerçait à de puériles disputes. Mais du moment où les savants

se résolurent à aborder des recherches sérieuses, et à les rendre profitables à tous, ils comprirent la nécessité de réunir leurs eiloi ts et de tiavailler au grand jour. T. els sont le fait principal

et la pensée supérieure qui ont présidé à la Fondation des Académies.

Ainsi , c’est à la science du xvf siècle que remonte ce grand principe d association auquel les siècles suivants , et le nôtre surtout, doivent de si magnifiques résultats. Mais c’est du xvn° siècle et de la fondation des académies que part la séparation définitive entre le savoir du moyen âge et la philosophie moderne; le premier, caractérisé par l’isolement des hommes studieux et par l’obscurité du langage scientifique, la seconde, qui repose sur l’association entre les savants, sur la division des objets d étude et sur la publicité des découvertes. Or, c’est à Robert Boyle que se rapportent les efforts les plus soutenus et les plus efficaces, relatifs à la fondation des sociétés savantes; c’est là, à coup sûr, l’un de ses meilleurs titres de gloire, et l’un des bienfaits les plus signalés dont la science lui soit redevable.

L académie des Lincei , fondée a Rome au commencement du xvne siecle, par le prince Cési, s’était éteinte vers 1630, après la mort de ce zélé protecteur des sciences. L’académie del Cimento venait d’être établie à Florence par les élèves de Galilée (1651), lorsque Boyle eut la pensée de réunir les savants à Oxford, dans un cénacle analogue, ayant pour objet l’avancement des connaissances humaines, à l’aide de la méthode expérimentale. Cette pensée avait pu lui être inspirée par ce qu’il avait vu en Italie, et même en France, où les conférences de Mersenne et de Monmor étaient en pleine activité quand il traversa notre pays (1). Quoi qu’il en soit, ce fut une idée heureuse et féconde

« Peut-être ces assemblées de Paris ont-elles

donné occasion à la

qui le détermina à mettre en pratique, dans son Collège philosophique, le plan que Bacon avait proposé dans sa Nouvelle Allanticle, sous le titre N Institut de Salomon , et l’on ne saurait trop louer le zèle avec lequel il donna l’impulsion à cette compagnie par l’exemple de ses propres recherches.

Robert Boyle est, en effet, parmi les savants de son époque, le premier qui soit entré résolument dans la voie des investigations consciencieuses, sans préjugés, sans influence d’école, uniquement guidé par l’observation et le raisonnement. Si Vau Helmont est le dernier représentant de la méthode à priori , Boyle est évidemment le chef de la nouvelle école, dédaigneuse des hypothèses, bien résolue à n’admettre que les faits acquis par l’i xpérience et à ne tenir aucun compte des opinions préconçues. C’est de l’un à l’autre de ces savants que se place la transition entre le règne des mots ou de l’autorité et celui des choses ou de l’expérience. Il y a pourtant entre ces deux hommes, qui occupent une si grande place dans l’histoire scientifique, des analogies singulières qui méritent d’être constatées et qui, à certains points de vue, nous semblent offrir un véritable intérêt.

Robert Boyle et Yan Helmont, tous deux issus de grandes familles et comblés des biens de la fortune, tous deux animés d’une piété ardente, bienfaisants, modestes, généreux, renoncent aux avantages de leur position sociale et se vouent à la retraite, pour

naissance de plusieurs académies dans le reste de l’Europe. Il est toujours certain que les gentilshommes anglais qui ont jeté les premiers fondements de la société royale de Londres, avaient voyagé en France et s^étaient trouvés chez de Monmor et Thévenot. Quand ils furent de retour en Angleterre, ils s’assemblèrent à Oxford et continuèrent les exercices auxquels ils s’étaient accoutumés en France. La domination de Cromwel contribua même à cet établissement. Ces anglais, attachés en secret au roi légitime, et résolus de ne point prendre part aux affaires présentes, furent bien aises d’avoir une occupation qui leur donnât lieu de se retirer de Londres , sans se rendre suspects au Protecteur. Leur société demeura en cet état jusqu’à ce que Charles II , étant remonté sur le trône, la fit venir à Londres, la confirma par l’autorité royale , et lui donna des privilèges, récompensant ainsi les sciences d’avoir servi de prétexte à la fidélité qu’on lui gardait». (Fontcnelle, Préface de de l’histoire de V Académie des sciences ).

suivre exclusivement la carrière des sciences, dans laquelle ils entrent tous deux par la voie des études médicales. Bien qu’appartenant à des nations différentes, leur caractère, leurs idées morales, leurs vues scientifiques se rapprochent et parfois se confondent. Ils se signalent tous deux par leurs vertus privées, par une libéralité exemplaire envers la science et envers les savants. Mais voici où commence la dissemblance. Boy le, quoique doué d’une imagination vive, impressionnable, portée au merveilleux, se tourne avec application vers l’étude des sciences positives, en se dégageant à la fois des doctrines de l’âge précédent, de l’esprit de son époque, et même jusqu’à certain point de ses préoccupations religieuses. Van Helmont, au contraire, livré avec sincérité aux idées mystiques, cherche avant tout dans la science un point d’appui pour ses convictions intimes. Il étudie les langues anciennes et même l’hébreu, pour trouver dans les pères de l’Eglise des lumières, des arguments applicables à ses idées scientifiques, ou réciproquement. Boyle se livre aux mêmes études, et même aux mathématiques, mais c’est pour calmer son imagination, pour donner à ses travaux plus d’exactitude et de fixité. Éloignés l’un de l’autre par l’intervalle d’un demi-siècle, Van Helmont tient encore par plus d’un point aux doctrines du moyen âge et de l’école spagyrique, tandis que Boyle s’en sépare d’une manière complète ; il en combat les principes , il en repousse le but, il en rejette le langage, et n’admet d’autre guide que l’expérience et l’induction, c’est-à-dire que la méthode expérimentale.

Tout entier aux recherches positives, Boyle ne voulut pas même lire d’abord les écrits de Descartes, parce qu’il craignait d’y trouver plus de théories que de faits, plus d’hypothèses que de réalités. Et néanmoins, mais dans un ordre d’idées différent , Boyle et Descartes suivirent souvent une voie parallèle. On sait combien ce dernier s’efforça de débarrasser la philosophie des qualités occultes, des entités mystérieuses, des prestiges de l’astrologie et des autres débris de la scolastique expirante. Aussi Boyle finit-il par admettre plusieurs principes du cartésianisme, par exemple ceux qui se rapportent à la porosité, au mouvement des particules des fluides et à la doctrine des éléments, que Descartes attaqua aussi résolument que lui. Il ne fallait pas peu

de courage pour lutter ainsi ouvertement contre des opinions encore généralement admises et enseignées. Pour se soustraire à cette influence, F. Bacon, Van Helmont et Boyîe avaient dû se vouer à une retraite absolue. Descartes, dans le même but, avait quitté sa patrie et était mort sur la terre étrangère.

Boyle fut l’un des plus grands expérimentateurs du xvne siècle. Boerliaave le regarde comme le pèrede la philosophie expérimentale. Il ajoute qu’il fut l’ornement de son siècle, de son pays, et qu’il succéda au talent et au génie de Bacon. C’est l’un des hommes, dit Fourcroy, qui marquent le plus dans l’histoire de la science, l’un des créateurs de la philosophie expérimentale, et le précurseur de la chimie pneumatique C’est à lui, en effet, que se rapportent, en physique , les principaux perfectionnements de la machine pneumatique, du baromètre, du thermomètre, les meilleurs travaux sur le vide , sur la chaleur, sur l’aimant, sur la coloration, sur la porosité, sur les ondes sonores, sur la cristallographie. En chimie, il recueillit le premier les gaz , il fit les premières analyses des eaux minérales, de l’eau de la mer, des calculs urinaires, il reconnut l’action des acides et des alcalis sur les sucs végétaux colorés, il soupçonna que l’eau est décomposable et que l’air contient une partie vitale propre à servir à la combustion. En physiologie, on lui doit les premières expériences sur le sang, sur la transfusion du même fluide, il montra le rôle de l’air dans l’acte de la respiration, il fit les premières recherches de toxicologie sur les animaux; en un mot, on lui doit les plus belles expériences sur lesquelles se fonde aujourd’hui l’enseignement et la plupart des matériaux qui ont servi à élever les théories modernes. Personne peut-être ne détruisit plus d’erreurs, ne répandit plus de lumière sur les points obscurs, ne prépara avec plus de zèle, etsouventde bonheur, l’avénement des vérités qui font aujourd’hui la base de nos doctrines scientifiques.

Boyle possédait toutes les qualités nécessaires pour exercer une grande influence: un jugement solide, des connaissances variées, le génie de l’expérimentatio!! , un esprit droit, judicieux, patient, méthodique. Ennemi des conjectures et des hypothèses, il se hasardait à peine à donner l’explication naturelle des phénomènes et n’élevait jamais ses vues à la hauteur d’une

théorie. Il disait que pour construire l’édifice de la science, deuv instruments suffisent : l’observation et l’intelligence. Il marchait enfin, pour démontrer le mouvement, comme s’il eut pressenti ce mot heureux de M. Dumas : « Les théories sont

»des béquilles; pour montrer quelles sont bonnes, il faut s’en ” servir et marcher. »

Boy le est à nos yeux le modèle du vrai savant, le type de l’investigateur scientifique, n’attachant à ses travaux aucune arriéré pensée de satisfaction mondaine, de cupidité ou d’ambition offrant, au contraire, en tribut à la science , et avec la plus complète abnégation personnelle , son temps, sa fortune, ses talents et même sa gloire.

Chaque année de sa vie fui marquée, sinon par une découverte capitale, du moins par une multitude de recherches qui '■ evaiern incessamment le niveau des connaissances. A partir „ ° 1USCIU a sa mort, c est-à-dire durant une période de

él ans, d ne se passa pas une année sans qu’il publiât un ouvrage ou plusieurs mémoires sur diiférents sujets. Les Transactions philosophiques de Londres étaient le grand dépôt dans equei rl consignait scs travaux. On y trouve parfois dans le meme volume jusqu’à dix de ses mémoires. Les bibliographies ne citent pas moins de 46 ouvrages dont il est l’auteur (1) Nous croyons toutefois qu’il n’a pas écrit tout ce qu’on lui attribue Loin me ,1 entretenait une correspondance active avec tous les savants de l’Europe, il était rapidement informé de toutes les nouvelles de la science; il les communiquait aussitôt à la Société royale, il répétait les expériences, il y ajoutait ses propres remarques et le tout se répandait souvent sous son nom et sou autorité.

L "C ed‘ reu P'65 ™>»plète des œuvres de ISoyle , fut publiée

par . Bosch , en a volumes in-folio, Londres i7j4. Schaw en publia une autre en C vol in-).. Deux éditions latines ont étalement

paru a Geneve, en .680, 6 vol. in-4», et en l7,4 , 5 vol. in->.“

L histoire générale de loir (The general history of tlie air) ne parut a -cm res qu en .6S2, un an après sa mort, ainsi que ses Expériences med, cales [Med, cal experiments, or a collection ofchoice remédiés , for the

T' rPl: “nd CaS'ly P'-V^ed). Ce dernier ouvrage 'eut neuf éditions, dont deux en langue allemande.

Rob. Boyle fut en butte à beaucoup d’attaques auxquelles il répondit toujours avec calme et dignité. Lorsqu’en 1665, il publia ses Réflexions occasionnelles (1) , cet ouvrage souleva de nombreuses critiques. Swift en fit le sujet d’un pamphlet qu’il intitula : Pieuses méditations sur un manche à balai , suivant la manière du noble Robert Boyle. Swift avait assez bien saisi le côté faible de cet ouvrage ; il semble pourtant avoir trouvé dans le livre de Boyle l’idée des voyages de Gulliver, comme, plus tard , Montesquieu y puisa celle des Lettres persanes. En 1669 , le docteur Henri Stubbe, s’étant montré l’adversaire violent de la Société royale, Robert Boyle en éprouva beaucoup de chagrin, mais il garda un noble silence et sauva ainsi sa propre dignité, comme celle de la savante compagnie.

Envisagé comme philosophe, Robert Boyle pourrait se présenter sous un grand et nouvel aspect à l’étude d’un biographe, mais nous avons dit que nous ne considérerions en lui que le savant. Toutefois, pour compléter l’idée que nous voudrions donner de cet homme exceptionnel , nous devons dire que sa soumission aux dogmes religieux était profonde et sincère, qu'il les regardait comme au-dessus de la raison humaine, bien qu’ii professât une religion qui fait toujours intervenir le raisonnement dans ses croyances. L’ouvrage qu’il publia sous le titre du Chrétien naturaliste ( The Christian virtuoso), a pour objet de montrer la différence qui existe entre les choses qui sont audessus de la raison et celles qui sont opposées à la raison. Ces matières l’avaient vivement préoccupé dès sa première jeunesse, et c’est pour les éclaircir dans sa pensée qu’il s’était adonné à l’étude des langues otientales et à lecture des Pères de l’Eglise» Elles y avaient aussi jeté une sorte de terreur qui troublait parfois son cœur et son intelligence. «C’est une maladie, di- » sait-il, analogue au mal de dents , qui, sans être mortel, fait » horriblement souffrir. » Quoi qu’ii en soit, une fois affermi dans ses convictions, il mit autant d’ardeur, de zèle, de persévérance à les défendre et à les propager, qu'il en apportait à servir les progrès de la philosophie naturelle. Il contribua à l’é-

(i) ( Occasionnai rcjlectious upon several subjccts , whcreto is premised n discourse about such kind of thouglits . Lond iG65 )

tablissement des missions étrangères, destinées â aller prêcher l’Evangile aux Indiens. Il fit imprimer à ses frais une traduction des Evangélistes et des Actes des Apôtres, en langue malaise. Il en fit autant pour les naturels de l’Irlande et les montagnards de l’Ecosse qui n’entendaient pas l’anglais. Il fonda des leçons publiques dans lesquelles Samuel Clarke prononça ses discours devenus célèbres, et lorsque Burnett publia son Histoire de la ré formation, « il en fit tous les frais, dit l’auteur de cet ouvrage, « d’une manière proportionnée à la grandeur de » son âme. »

Boyle joignait à ses principes de piété, des mœurs pures, une rare modestie , une bienfaisance active et une extrême délicatesse. Il ne voulut pas entrer dans les ordres, parce qu’d ne se croyait pas digne d’en exercer les fonctions. Quatre de ses frères étaient membres de la pairie , qu’il refusa pour luisnême. H refusa également la direction du collège d’Eton, ainsi que la présidence de la Société royale , dont il était le principal fondateur et que personne sans doute n’était plus digne de représenter. Il finit par accepter le titre de directeur de la compagnie de Indes, mais afin de travailler plus efficacement à la propagation du christianisme chez les Indiens. Honoré successivement de l’estime de Charles II , de Jacques II et de Guillaume III , il ne se servit jamais de son crédit qu’en faveur des sciences. Son laboratoire était le rendez-vous de tous les savants, et sa maison était toujours ouverte aux malheureux. Sa charité modeste se plaisait à répandre des faveurs dont on ne pouvait soupçonner l’origine. Le reste de sa fortune était employé à faire construire des instruments , des appareils, à exécuter des expériences, à fonder des institutions, à pensionner des savants. Il fit construire à Oxfort un observatoire, ainsi qu’un laboratoire dans lequel il attira des ingénieurs et des mécaniciens pour l’aider dans ses recherches. Il légua ses collections et sa bibliothèque à la Société royale de Londres.

Boyle était d’une taille élevée. Sa constitution était délicate. Sa figure pâle et sévère annonçait un esprit sérieux, calme , et bien au-dessus de la vanité et de l’ambition. Sa sobriété était exemplaire: son tempérament l’obligeait à manger avec réserve et des mets peu recherchés. Autour de lui, tout était disposé

avec ordre et méthode. Il réglait ses vêtements d’après l’état du thermomètre. Il parlait lentement et avec hésitation parce qu’il était lin peu bègue II discutait peu, écoutait avec complaisance les objections, les repoussait sans aigreur, n’affirmait jamais, mais il aimait à proposer des doutes, à soulever des questions, à fournir des matériaux aux débats scientifiques. Son humeur était douce, égale; sa conversation spirituelle et enjouée. Il ne prononçait jamais le nom de la divinité sans s’arrêter un instant, comme par respect. Rien ne lui était plus odieux que le charlatanisme et le mensonge. Son père disait souvent : je suis bien certain que Robert n’a jamais menti !

Boyle mourut à Londres le 30 décembre 1691. Son ami, le docteur Burnett, évêque de Salisbury, prononça son éloge funèbre. Son mausolée repose dans l’église de Wesminster. Thomas Birsch, à qui l’on doit une édition complète de ses œuvres, la fit précéder d’une savante biographie, à laquelle nous avons emprunté la plupart des détails qui se rapportent à sa personne.

Est-il une existence plus digne de notre admiration , de nos respects, que celle d’un tel homme, éminent à la fois par ses vertus, par son caractère, par son savoir, passionné pour l’étude au point de lui sacrifier tout ce qui fait l’objet des ambitions vulgaires ? Est-il un emploi plus honorable des dons de la fortune que de les faire servir à ’ever les obstacles matériels qui arrêtent l’essor de la science, à encourager le travail, à doter les institutions publiques? Est-il enfin un rôle plus beau, un sort plus heureux que celui d’un savant devenu, par l’autorité de son nom et de son exemple, le point central où viennent se réunir tous les travaux, toutes les découvertes, tout l’avenir des sciences qu’il cultive : c’est presque dire toutes les destinées ultérieures de la civilisation?

Paris.— Imprimé par E. Thunot et Ce, 26, rue Racine, près de l’Odéon,

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