SCENE VI
Cabinet de la Reine.
ELISABETH est assise sur un sofa, le coude appuyé sur une table où est placée sa co :rnnne . Les DAMES sont près d'elle , tnstcs et silencieuses .
ELISABETH ( cllc scmbU très-agitce).
Toi seule , Sara , peux comprendre Ma peine horrible I . . . eh quoi ! tu ne viens pas I. . . Auprès de toi Gualtier a dû se rendre ; Qui peut donc arrêter tes pas?
Au trouble qui m'agite et déchire mon âme , Ah I je sens qu'une reine est encore une femme ! Et je suis prête à pardonner I
LES DAMES
Quelle douleur affreuse exprime son visage I Déjà s'éteint sa rage , Sa main hésite encore à le frapper.
ELISABETH
Oui, j'en ai respiraiice , au moment de mourir, Robert (le mes bontés garde le souvenir ; lisait que de ses jours il est encore le maître , Repentant , à mes pieds bientôt il va paraître ; Mais le temps i'uit ! . . . ah I quelle horrible attente , Dieu!.,, si l'ingrat, dédaignant mon secours,
( S'animant. )
Voulait à sa nouvelle amante ,
Sacrifier ses jours I Ah î je frissonne I. . ô mortelle souffrance î Sur l'échafaud je le vois qui s'élance I
( Elisabeth, un instant éjjarée, regarde les dames qui Tentourent ; voyant qi elle cherche à se calmer. )
Au parjure sauver la vie , Lui pardonner, voilà ma seule envie ; Pour une autre l'ingrat m'oublie I Ah I qu'il s'éloigne pour jamais!
Cachons bien notre peine amère , Nos souffrances, notre misère ; Une reine d'Angleterre Doit rougir de tels regrets!