‹ Robert Helmont: études et paysagesChapitre 21 sur 37 · LES DOUANIERS · texte numérisé non relu

LES DOUANIERS

repris avec la tombée du jour, et c*était un fracas, un roulemeut, un jaillissement d'écume, la bataille des roches et de l'eau. De temps en temps, le coup de vent du large parvenait à se glisser dans la baie et enveloppait notre maison. On le sentait à la montée subite de la flamme qui éclairait tout à coup les visages mornes des matelots groupés autour de la cheminée et regardant le feu avec cette placidité d'expression que donne Thabitude des grandes étendues et des horizons pareils. Parfois aussi^ Palombo se plaignait doucement. Alors tous les yeux se tournaient vers le coin obscur où le pauvre camarade était en train de mourir, loin des siens, sans secours ; les poitrines se gonflaient et Ton entendait de gros soupirs. C'est tout ce qu'arrachait à ces ouvriers de la mer patients et doux le sentiment de leur propre infortune. Pas de révoltes, pas de grèves. Un soupir, et rien de plus I... Si, pourtant^ je me trompe. En passant devant moi pour jeter une bourrée au feu, un d'eux me dit tout bas d'une voix navrée : « Voyez-vous, monsieur... On a quelquefois beaucoup du tourment dans notre métier 1... »

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