‹ Robert Helmont: études et paysagesChapitre 31 sur 37 · WOOD'STOWN · texte numérisé non relu

WOOD'STOWN

— GONTB PANTASnQUB —

L^emplacement était saperbe pour b&tir une ville. Il n'y avait qu'à déblayer les bords du fleuve, en abattant une partie de la forêt, de Timmense forêt vierge enracinée là depuis la naissance du monde. Alors abritée tout autour par des collines boisées, la ville descendrait jusqu'aux quais d'un port magniftque,établi dans rembouchure de la Riviëre-Rouge, à quatre milles seulement de la mer.

Dès que le gouvernement de Washington eut accordé la concession, charpentiers et bâcherons se mirent à Tœuvre; mais vous n'avez jamais vu une forêt pareille. Cramponnée au sol de toutes ses lianes, de toutes ses racines, quand on l'abattait par un bout elle

ÉTUDB9 KT PATSâGES "ZlS

reimiisBait d'un autre, se* ra^euidssaitdesc» blesssm; et chaque coup de hache faisait sortir des' bouis^Bons verts* Les mes, les places de la ville à peine Vnote» Paient envahies par la vâgétaiioo . Les'nmraillés grau-' essaient moins vite qm les arbres, etcsiiMéleféeBv croniaienl soQs reflbrt dès radnestonjoiin'vii^iateBi

PovrveaÉr à; bout de cettxt résJatsDee'Où ^mon»^ sait le fer des cognées et des haches» on/fnt oUlgéde iBconrir au feo. Jour el nuit one fiinràe étooffauite emplit Tépaisseur dea fonrrés^ pendant qne les grands arbres an^^desisns Sambiieiit eonaine' des derges» La forêt essaya de latter encore^ retardlsmi rineenéie avec des flots de séve et la fratcbenr sam» air des6s;fe«il«lafges pressés. EMo, Thiver airriva. La ndge s'abattit comme une seconde moft sur lesgrands terrainsplefna der troncs noiicisyde radoMeonBaméCB.Dé0osmaiaos pottvait bitllr..

BientAt nne^ ville ioMeiae^ tonte mi bnia oomn» Chicago, s'étendit aux bords de la Rivière -Rouge) avec mm larges mea dtg&tes^ munérotées, rayonnant^autMrdes plaees^ sa Benrse, sea^h^dles, sefrégUaas, .ses écoles, et tout un attinni maritime de haogarsi de deuaniB, de docks, d'eatrepMa, dèdiantiervdftconnt

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traction pour les navires. La ville de bois, Wood'stown -— comme on l'appela — fut vite peuplée par les essayeurs de plâtres des villes neuves. Une activité fiévreuse circula dans tous ses quartiers; mais sur les collines environnantes, dominant les rues pleines de foule et le port encombré de vaisseaux, une masse sombre et menaçante s'étalait en demi-cercle. C'était la forêt qui regardait.

Elle regardait cette ville insolente qui lui avait pris sa place au bord du fleuve, et trois milles d'arbres gigantesques. Tout Wood'stown était fait avec sa vie à elle. Les hauts m&ts qui se balançaient là-bas dans le port, ces toits innombrables abaissés Tun vers Tautre, jusqu'à la dernière cabane du faubourg le plus éloigné, elle avait tout fourni, même les instruments de travail, même les meubles, mesurant seulement ses services à la longueur de ses branches. Aussi quelle rancune terrible elle gardait contre cette ville de pillards!

Tant que Thiver dura, on ne s'aperçut de rien» Les gens de Wood'stown entendaient parfois un craquement sourd dans leurs toitures, dans leurs meubles. De temps en temps, une muraille se fendait, un

comptoir de magasin éclatait en deux bruyamment. Hais le bois neuf est sujet à ces accidents, et personne n'y attachait d'importance. Cependant, aux approches du printemps, — un printemps subit, violent, si riche de sèves qu'on en sentait sous terre comme un bruiS'sèment de sources, — le sol commença à s'agiter, soulevé par des forces invisibles et actives. Dans chaque maison, les meubles, les parois des murs se gonflèrent, et Ton vit sur les planchers de longues boursouflures comme au passage d'une taupe. Ni portes, ni fenêtres, rien ne marchait plus. — « C'est Phumidité, disaient les habitants. Avec la chaleur, cela passera.»

Tout à coup^ au lendemain d'un grand orage venu de la mer, qui apportait Tété dans ses éclairs brûlants et sa pluie tiède, la ville en se réveillant eut un cri de stupeur. Les toits rouges des monuments publics, les clochers des églises, le plancher des^maisons et jusqu'au bois des lits, tout était saupoudré d'une teinte verte, mince comme une moisissure, légère comme une dentelle. De près, c'était une quantité de bourgeons microscopiques, où l'enroulement des feuilles se voyait déjà. Cette bizarrerie des pluies

278' woon'sflrowN

amusai sans mqiii^r; nuôSy^ avamtde sfiir^ d&k Idbut

quels de verdure s*épaoouîS8aieiil} pnetoiil sur 1»

mesblés^ sur les muraiUes; Lee Jbiaaehc» pouaaaîeatrài

vue d*œil ; légèremmt rcteimes dws la m^ân^ (ULlee

S3maii grandir et se débattre a»iiie;âe8iaijljes.

Le jQur suivwti toiis,le».apparteaie»ta.ayai3ail!air

de serres. Des liaaeasmraileiit. lesf rao^ges dlesoaliier.

DaualQS rues étroites» desJxraucibeftse jplgnieutid'ittii

toitàraiUre» meltut au deasusde^il&viUe bm^^wle

Fombre des aveuuealQxestièree. (;(dft»deveii8âtfliiqQîé^

tant. Pendant que lea^sftvaaats réuni^^dâlibi^aîeiitjw

ce caB de végétation eKtraordlBaire^ laioule ee fsmr

sait dehors pour voir les différents aspeûta^du mî^

racle* Les cris de. surprise^ M xmneoi: étonnée de tout

ce paiple inactif donnaiwt de. la^ scdesiuité^ à cet

étrange événement. Soudaiuquelqu'un criaû « Begur^

dez donc la forôt 1 » et Ton 8'aperçut;avea tesK!^»^. quar

depuis deux Jours le. dexnircerxde. verdoyant a^étaît

beauGoop raq;)prûcbé« La forât avait Tair de deacmâre

versla ville* Toute une. aViWtrS^rde de rcuii^,. de

lianes e'allong^tjpum^aia pranitaes. mwom dea

faubouncs»

Alors Wood'stovirn commença à ccwaprendi^ etl

Èrnm st fatsàgbs ^279

"avoir peur. 'Evidmme&t la fovét 'venait nKscmqutSfrir sa plaeeau bord du fleave ; et'ses arlires, abattus, dispersés, tiansfonnés, se dépifsonnaient pour aller audevant d'elte. Commetit résister Àrimr^iou? Avec le feu, on risquait d^enibiaserla^illeieatièie. Et que pouvaient les badiescoalretsiBitte sève sansftcessetenaissanle, ces moines monslraeua^iattaquant te 'Sol isD'd€S80tt6, ises millieis de.'graiaes vidantes qui ger- HMtient en se brisant' et fiîraiettt pousser un arbre •partout où elles <totnl)aieiLtf

Pourtant tout le monde setnilt.trraveinaat à Tœnvre 4tv«c des fanx^ des^lieises^ des «ognécs ; et rx>n fit un iîiwiense abattis .de»f6uillages. Hais en vain. D'heure nMth^retlaxonfU8i<»âeSiforèls /vierges, où l'entrelacement des lianes joint entre elles des pousses gigankiosques, envahissait les rues jde Wood'&town. ;Déjà -les ii)Bect08,iesrrq9tiles bisaidat «irruption* Il y avait rdes nids âa&s .tous «les .eoins, et de grands coups •d'ailes, et dos masses de petits becs jaseurs. En une înuit les greniers de k ville furent épuisés par toutes .les couvées écloaes. Puis cemaieiune ironie au^miUeu de ce désa8tre,/des,p^iU0DS de >toHl0s grandeuns, de •toules couleurs volaient fiur/ les grappes ileurie9,'et

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