RÉMOND, BERTRAND, ROGER
RÉMOND, à Roger.
Allons, monsieur, le coup de l'étrier.
ROGER
J'obtempère volontiers, (ils trinquent tous les irois.) Messieurs, au plaisir de vous revoir.
Gomment donc, mais je hâte ce moment du plus
cher de mes vœux.
Roger sort.
BERT RAND, se talant la main.
Il m'ont chipé un doigt? Ah ! non !
11 se met à démarquer une serviette.
RÉMOND
Eh ben, dis donc, Bertrand,... Qu'est-ce que tu fais-là?
BERTRAND
J'aime pas que le linge soit mal marqué.. . ça fait des erreurs chez la blanchisseuse.
RÉMOND
Dis donc! C'est encore un préjugé... Ils sont très bien, ces gendarmes!
BERTRA ND.
Oui, oui, ils sont gentils! je les aime, mais de loin! Ah ! ça, je t'admire... tu es là, tu bois, tu fais ta petite trempette.
RÉMOND
Ah ! ça, veux-tu bien me faire le plaisir de me laisser digérer tranquillement.
BERTRAND
Tu l'as entendu, il a dit deux coquins..- Si c'était nous, par hasard.
42 ROBERT-MAGAIRE
Ne t'inquiète donc pas ! nous allons partir. Rentrons d'abord dans notre chambre, appelons Pierre et comptons avec lui.
BERTRAND
Mais, mon ami, il n'y a pas besoin de compter I Nous le devrons ! II le marquera...
RÉMOND
C'est ça ! Nous en aller d'ici sans payer, n'est-ce pas?
BERTRAND
Ça nous ouvrira un compte !
RÉMOND
Une belle opinion que nous laisserions de nous dans cette auberge! Fais-moi l'amitié de rentrer dans ta chambre.
BERTRAND
Mais, mon ami. . .
RÉMOND
Veux-tu que je te le dise : tu n'entends rien, absolument rien à la triture des afTaires.
BERTRAND
Il y a de la friture ? Si je l'avais su l
RÉMOND
Fais-moi l'amitié de rentrer dans ta chambre.
Ah! mamanl... Ta me dis toujours des choj^ès désagréables ! . . .
Rérnond le frappe sur la figure avec son morciau de pain
trempé dans le vin. Bertrand se sauve dans la chambre.