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blée à la révélation sensationnelle ; il déclare enfin avec solennité : « Quelles qu'en puissent être jamais les conséquences, je veux maintenant remplir mon devoir envers vous et envers l'univers ; et, fût-ce même le dernier acte de ma vie, je serais satisfait parce que je saurais que mon existence aura eu son utilité. Ainsi donc, mes amis, je veux vous dire que jusqu'à présent on vous a empêchés de connaître le véritable bonheur, uniquement à cause des erreurs grossières... )) Sur ce dernier mot Owen s'arrête et fait une pause, puis il dénonce toutes les religions du monde. Les paroles de notre réformateur, qui s'attendait à soulever l'indignation générale, sont accueillies seulement par un grand silence et les coups de sifflet de quelques clergymens. Son discours se termine au milieu des applaudissements. Se retournant alors vers un de ses amis, Owen lui dit : « La victoire est gagnée, la vérité déclarée ouvertement est toute-puissante. » La déclaration d'indépendance religieuse avait pris iine forme théâtrale qui peut paraître pom- . pense aux amis de la simplicité. Il faut comprendre pourquoi Owen donnait à ses actes celle solennité ; croyant en la toute-puissance de la vérité et de la raison, il voulait, par des manifestations et professions de foi publiques, impressionner ropinion ol communiquer à ses paroles
OWEN INITIATEUR DE LÀ LÉGISLATION DU TRAVAIL lit!
un retentissement considérable : ainsi la vérité pouvait toucher de sa grâce un plus grand nombre de cœurs à la fois. Si Owcn était un chimérique de pensée, il avait, quand il agissait, un sens pratique qui lui avait révélé la force de la moderne publicité ; aussi son apostolat désintéressé ne négligeait pas la réclame et prenait à certains moments des allures de campagne électorale. En cette circonstance, il avait fallu àOwen un certain courage pour faire sa déclaration d'indépendance religieuse ; sans doute il ne risquait pas sa vie comme il le croyait, mais son influence quasiofficielle dans les hautes sphères de la société. Cette déclaration lui créa toute une classe d'ennemis qui ne lui pardonnèrent jamais, et elle commença sa rupture avec les autorités politiques et sociales, rupture qui peu à peu le rejeta, bien nial2;ré lui, vers la classe ouvrière et les œuvres d initiative privée.
Cependant Owen ne désespère pas de faire des gouvernements les agents de la réforme sociale. Il profite d'un voyage qu'il fait sur le continent en 1818 ' pour adresser aux souverains alliés
I . Voyag-e avec le P'' Pictet, de Genève. A ulobmj rapide, p. 166 : A Paris, sa première visite est pour le due d'Orléans (p. ifi7) ; entretiens avec Cuvier, Laplace, A. Iluinljoldt (p. 1O8); séjour à Genève (p. 170); rencontre avec M™"^ de Staël et Sisniondi (p. 173) ; visite des écoles de Frère Oberlin à l'^'iboui-jf ; de Pesta-
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réunis au congrès d'Aix-la-Chapelle deux mémoires sur l'état présent et les perspectives d'avenir de la société'. Owen est toujours hanlé par l'idée d'être le conseiller éclairé des rois pour le bien des peuples. A son retour à Paris on lui apprend confidentiellement que les membres du Congrès avaient considéré ses deux mémoires comme les plus importants documents qui leur aient été présentés. Aussi Owen ne doute-t-il pas de son autorité auprès des gouvernements : « J'ai su, dit-il, que ces deux mémoires avaient fait la plus extraordinaire impression sur l'esprit des souverains présents et les représentants des autres gouvernements ^ » Mais à son retour à Londres, il s'aperçoit des effets de sa déclaration d'indépendance : « Je me rendis compte de l'opposi-
lozzi à Yverdun, et de Fallenberg à Holwyl, p. l'jli, 179. C'est alors qu'il arrive à Francfort où il prépare ses deux mémoires.
1. Autobiographie, p. 182, 188 — p. i85. Il présente lui-même ses mémoires à l'empereur de Russie, mais celui-ci n'a pas de poche où les mettre ; sur un ton un peu rude, il demande à Owen qui il est et lui fixe une audience ; Owen, froissé, ne se rend pas. à l'invitation de l'empereur, mais ensuite le regrette : « Je le rejjrettai parla suite... j'aurais bien pu avoir de l'influence sur lui pour le bien public, car mon influence sur les gouvernements d'Europe était bien supérieure à celle que je croyais avoir. » Owen déclare aussi que, dans toutes ses relations avec les ministres, il les trouva toujours uniformément disposés à introduire en pratique le nouveau système de société !