‹ Robinson Crusoé, tome 1Chapitre 19 sur 43 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

Le ic-'. — A ma grande surprise, j’apperçus, le matin , que le vaisseau avait été soulevé par la marée montante , et entraîné beaucoup plus près du rivge. D'un côté ce

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fut une consolation pour moi ; car le voyant entier et dressé sur sa quille , je conçus l’espérance , si le vent venait à s’abattre, d’aller à bord et d’en tirer les vivres ou les choses nécessaires pour mon soulagement. D’un autre côté ce spectacle renouvela la douleur que je ressentais de la perte de mes camarades ; j’imaginais que si nous étions demeurés à bord , nous eussions pu sauver le navire , ou qu’au moins mes compagnons n’eussent pas été noyés comme ils l’étaient, et que, si tout l’équipage avait été préservé, peut-être nous eussions pu construire avec les débris du bâtiment une embarcation qui nous aurait portés en quelque endroit du monde. Je passai une grande partie de la journée à tourmenter mon âme de ces regrets ; mais enfin, voyant le bâtiment presque à sec, j’avançai sur la grève aussi loin que je pus , et me mis à la nage pour aller à bord. Il continua de pleuvoir tout le jour , mais il ne faisait point de vent.

Do i" ad a/j. — Toutes ces journées furent employées à faire plusieurs voyages pour tirer du vaisseau tout ce que je pouvais , et l’amener à terre sur des radeaux à la faveur de chaque marée montante. 11 plut beaucoup durant cet intervalle, quoique avec quelque lueur de beau temps : il paraît que c’était la saison pluvieuse.

Le 20. — Je renversai mon radeau et touts les objets que j’avais mis dessus ; mais, comme c’était dans une eau peu profonde , et que la cargaison se composait surtout d’objets pesants, j’en recouvrai une partie cpiand la marée se fut retirée.

Le 2â. — Tout le jour et toute la nuit il tomba une pluie accompagnée de rafale ; durant ce temps le navire se brisa, et le vent ayant souillé plus violemment encore, il disparut , et je ne pus appcrcevoir ses débris qu’à mer

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étale seulement. Je passai ce jour-là à mettre à l’abri les effets que j’avais sauvés, de crainte qu’ils ne s’endommageassent à la pluie.

Le 26. — Je parcourus le rivage presque tout le jour, pour trouver une place où je pusse fixer mon habitation ; j’étais fort inquiet de me mettre à couvert, pendant la nuit, des attaques des hommes et des bêtes sauvages. Vers le soir je m’établis en un lieu convenable, au pied d’un rocher, et je traçai un demi-cercle pour mon campement, que je résolus d’entourer de fortifications composées d’une double palissade fourrée de câbles et renformie de gazon.

Du 26 au 3c. — Je travaillai rudement à transporter touts mes bagages dans ma nouvelle habitation , quoiqu’il plut excessivement fort une partie de ce temps-là.

Le 3 1 . — Dans la matinée je sortis avec mon fusil pour chercher quelque nourriture et reconnaître le pays 5 je tuai une chèvre, dont le chevreau me suivit jusque chez moi ; mais, dans la suite, comme il refusait de manger, je le tuai aussi.

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