II. — Les membres de la Cour de cassation, « en queue
de cervelas ».
Napoléon I*' ayant envoyé à la guillotine un employé du ministère de la guerre qui avait transmis à la Russie quelques renseignements stratégiques, on se demande quel genre de supplice il nous faudra cbercher pour les vieux Ganelons qui, sans même prendre le temps de se débarrasser de leurs toques et de leurs simarres, font à travers la frontière signe à Guillaume II d'entrer chez nous.
Dans son roman exquis : le Roi des Montagnes^ Edmond About nous montre un des compagnons d^Hadji Stavros arrachant à un prisonnier, qui avait laissé passer le jour fixé pour sa rançon, toutes les dents une à une et les lui replantant ensuite dans le dos à coups de maillet.
Ce traitement à double effet me semblerait assez convenable, quoiqu'un peu doux.
Malheureusement, je fais remarquer plus haut que ces vénérables ont à peine quatre ou cinq molaires à eux tous, ce qui ferait de cet ingénieux châtiment une simple plaisanterie.
Les enduire de poix et les allumer tout vifs, depuis Néron cet amusement est un peu vieux jeu.
J'avais pensé à une petite combinaison qui, j'espère, satisfera les plus exaspérés.
Elle consisterait en ceci : on ferait ranger tous les membres delà Gourde cassation en a queue de cervelas », comme dans les maisons centrales.
Un tortionnaire préalablement stylé leur couperait d'abord les paupières avec une paire de ciseaux.
Suivez-moi bien ; c'est très intéressant.
Quand on les verrait ainsi dans Timpossibilité absolue de fermer les yeux, on introduirait de grosses araignées de Tespèce la plus venimeuse dans des coquilles de noix, qu'on leur appliquerait sur le globe de Toeil et qu'on
fixerait soigneusement au moyen de solides cordong noués derrière la tète.
Les araignées affamées, et qui ne sont pas très délicates sur la nourriture, leur rongeraient peu à peu la prunelle et le cristallin, jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien dans ces cavités désormais sans regard.
Alors on enchaînerait tous ces hideux aveugles à un pilori élevé devant ce Palais de Justice, où s'est commis le crime.
On leur accrocherait sur la poitrine un écriteau ainsi rédigé :
Voilà comment la France punit les traîtres qui essayent de la vendre à l'ennemi.
Et on les laisserait exposés deux bonnes heures sous les huées, les crachats et les invectives de la population.
Seulement, comme la dame qui, au spectacle de Técartèiement, s*écriait d'une voix attendrie : « Pauvres chevaux ! » je ne pourrais, en songeant aux malheureuses bètes réduites à se nourrir des magistrats qui ont livré à l'Allemagne les secrets du dossier Dreyfus, m'empécher de me dire à moi-même :
« Pauvres araignées I »
La conclusion de ce factum fit la joie des rieurs de « Boubou )) .
On en fit des gorges chaudes. Jamais Héliogabale, cher h Drumont, n'avait fait plus doux rêves, avant de se draper dans la pourpre impériale. Pauvres araignées ! Pauvre Boubou I
Quant à Drumont, voici la prose qu'il publiait le ISoctobre, sous le litre : « La Cinquième Dynastie» :
I. — Amboise vous dit que la fille d*un avoaé, condamné aa bagne, est devenue quasi reine de France.
Ce serait une intéressante étude à entreprendre que de reconstituer dans ses origines, dans son évolution,
,'• V ^fV*gy i*^ ' "^ J 'XfÇpm^PV, " "^^''tyrf wwftypT>B,T^r»T . i. y incgig-y^^/ J:T^^- '?,-v^'"i.'*-'- T* ?»
dans son fonctionnement intellectael, dans son curriculum vi^d3cet Henri Brisson, qui s'est trouvé làa/u bon moment pour trahir la France et la livrer à la Juiverie internationale.
Pour s'expliquer ces ètres-là, il faut avoir bien lu la Conquête jacobine^ de Taine, et ces^ romans où Balssac a décrit, avec une si extraordinaire puissance, la bourgeoisie provinciale telle qu'elle était sortie de la Révolution, ces romans où il a raconté les luttes d'influence entre familles et mis en action ces haines de petites villes qui s'exacerbent et s'exaspèrent dans un étroit espace.
Le monde de Balzac, après avoir occupé la scène pendant près de soixante années, est un monde fini à Paris.
Le théâtre même sur lequel ont défilé les acteurs de la Comédie humaine et, après eux, leurs Epigones, leurs successeurs et leurs plagiaires, s'en est allé en débris sous la pioche des démolisseurs.
Le Paris cosmopolite, où toutes les interlopies, tous les délires, tous les scandales^ toutes les corruptions, toutes les névroses de l'univers se donnent rendez* vous, est devenu un lieu quelconque.
Ce n'est plus la ville dont Balzac avait été le peintre incomparable et le merveilleux historiographe.
On a pu dire avec quelque raison que le Boulangisme avait été lé dernier épisode de l'œuvre balzacienne.
En province, on retrouve encore quelques grandes lignes et quelques traits de cette société, que Balzac a observée avec des yeux si étrangement clairvoyants.
Nul mieux que lui n'a saisi le développement de ces familles de basoche émergeant, grâce à la poussée delà Révolution, conquérant peu à peu la fortune, grâce aux trucs que leur fournit ce Gode, que la bourgeoisie jaco* bine a fait à l'image de son âme cupide, et à l'usage de ses intérêts et arrivant enfin au premier rang.
Le cadre même dans lequel se déroulent la plupart de ces études est caractéristique.
^ Cette Toaraine, « la belle terre d'abbayes et de
A chàteaax », comme disait le Père Anselme, ce Berry
*'*^ dont le maître Baffier noas a rappelé si souvent la phy-
sionomie particulière, ont été les derniers refages de la nationalité française, personnifiée dans ce chétif monarque, qne les Anglais appelaient, par dérision, « le i roi de Bourges. »