‹ Roger Bontemps; comédie en trois actes, en versChapitre 124 sur 136 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

Encor... L'œil reste vif et la figure claire,

Je sais... On peut m'aimer et l'on m'aime... je sais...

RONDELET

En t'épousant, je pense, on te le prouve assez.

Sans doute... Oh ! je suis bien certain qu'Anne-Marie... Elle donne sa main, son cœur... Pauvre chérie!... Elle est sincère... mais... elle n'a que vingt ans... J'en ai quarante, moi !... Vingt de plus, tu m'entends.

RONDELET

Tu n'as pas pris ces vingt ans-là, dans la journée!...

Assurément!... Je les avais quand elle est née, Mais je n'y pensais plus... Voilà que, tout à coup, J'y repense !...

RONDELET

Ouais ! Tu crains d'avoir la corde au cou !

Oh ! je ne songe pas à moi, je te le jure !

RONDELET

Tu ne vas pas changer?... Nous faire cette injure?

Il n'est pas question de changer...

RONDELET

Tout est bien, Alors!...

Tu ne crains pas que son âge et le mien... ?

RONDELET

Mais...

Sérieusement... Comprends!... je ne m'occupe Que d'elle... Il ne faut pas pourtant qu'elle soit dupe, Cette enfant, pour avoir un moment confondu L'amour et l'amitié... pour m'avoir répondu Un peu trop vite... C'est possible... On fait un geste..,

Il fait le geste de donner sa main.

On ne se rend pas compte, et puis la vie y reste ! Si j'allais, dans quatre ou cinq ans, la décevoir!

RONDELET

D'ici quatre ou cinq ans, on a le temps de voir. C'est loin !

Page 1