ACTE I, SCÈNE XIII
Je suis né papillon... Je ne regrette rieni
Tant pis, si, dans son gai zig-zag aérien,
Mon aile insoucieuse étourdiment cognée
Se fait prendre au réseau des toiles d'araignée!...
// va vers les archers.
LE GOUVERNEUR, aw duc d'Artiay,
Ce garçon-là me plaît beaucoup!... J'étais ainsi Quand j'ai passé, jadis, par ce village-ci... En ce temps-là, nous avions l'âge où l'on espère. J'avais vingt ans!...
En souriant.
Je suis peut-être un peu son père!...
A Roger Bontemps.
A défaut de parents, vous avez des amis. Que diable!...
Oh! Oui... Des cigales... Pas de fourmis!... Et, s'ils ont eu jamais quelque argent, d'aventure, Ils sont tous, avec moi, dans la déconfiture!...
COSTET.
Écoute, on a pensé... Si Piqueprune veut...
FLANDRIN
On pourrait le payer en nature...
PIQUEPRUNE.
Hein?
COSTET.
On peut.
PICOCHE.
Moi, sur ma forge...
FLANDRIN
Moi, sur mon épicerie...
COSTET.
Moi, de même, sur mon apothicairerie...
ROGER BONTEMPS, avôc un gestc.
En lui poussant, pour rien, ta pointe aux bons endroits I
Ému et souriant.
Vous êtes bien gentils, mes enfants, tous les trois. Mais...
PIQUEPRUNE.
Je refuse.
Alors!... Son refus me dispense Du mien...
Toujours insouciant.
Bah! la prison n'est pas ce que l'on pense!
. ACTE I, SCÈNE XIU 9I
J'étais un peu troublé, sur le premier moment... Mais, j'ai bien réfléchi, ce doit être charmant! On n'a jamais à soi tout le temps qu'on souhaite... La prison, c'est l'endroit rêvé pour un poète!... On n'a plus de souci, l'on n'est pas dérangé; Sans que rien vous en coûte, on est nourri, logé... C'est peut-être pour moi l'occasion bénie De prouver, tout à coup, que j'avais du génie!...
Brusquement,
Je vous laisse.
// leur serre la main.
Vraiment, je n'ai qu'un seul regret, C'est, tout à l'heure, quand le repas sera prêt Et qu'avec le menu vous ferez connaissance. C'est de vous attrister un peu, — par mon absence...
Aux archers.
Je vous suis.
A Anne-Marie, gentiment.
Adieu, toi!
Au gouverneur et au duc d'Arnay.
Messieurs!
// salue.
LE GOUVERNEUR, ^ ^««^-Mflm.
Quel air fâché!,
PIQUEPRUNE.
En route 1
LE GOVVBKNEUKf doucement.
Arrêtez !
PIQUEPRUNE.
Quoi?
LE GOUVERNEUR, doucetnetit.
Le soleil est couché.
PIQUEPRUNE.
Quoi?
LE GOUVERNEUR, à Anne-Marie.
Depuis un instant, dans le jour qui décline. Je le voyais glisser derrière la colline... La loi défend que l'on arrête avant demain.
A Anne-Marie.
Es-tu contente?
ANNE-MARIE
Oh! Monseigneur I
Elle lui baise la main.