‹ Roger ou Le cure de Champaubert dramevaudeville en deux actesChapitre 3 sur 36 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

guyace, Rosalie , hortense, i e

citoyen MEUNIER, le Parrain, une Nourrice portant dans ses bras un enfant nouveau né. Villageois, Villageoises,

CHOEUR

Air : Je ne puis croire à tant tf audace. (Turiaf.)

Amis, selon notre espérance,

Pour le nouveau né que voici,

Disons et répétons d'avance Les vœux que nous formons iei.

GUYACE, debout , auprès de la nourrice , et la main sur l'enfant, qu'elle tient. Voilà donc mon héritier présomptif.. .Charles Gu, ace, fils d’Antoine Guyace et de HosjlicGuyacc, sa femme, né à la ferme des Sablons, commune de Champaubert, le trois fructidor, ait premier de la république, et baptisé dans les six semaines à l’église de la paroisse par le desservant...

MEUNIER, qui est entré mystérieusement sur cette dernière phrase. Par le desservant, Pierre Hurteau, prêtre non-assermenté.

TOUS. Le citoyen Meunier 1

LE MAGASIN TSÈATBAL.

Uggi

GIT ace. Le maire de la commune...

HORTENSE, à part. Mon mari...

MEUNIER , avec force. Silence!

GUYACE. EU ben... eh benl on se tait, quoi! ne failc9 donc pas comme fa... la Barbe-Bleue...

MEUNIER. Barbe-Bleue! qu’appclles-tu Barbe-Bleue ?

GUYACE. Pardinet c’est clair... on vous prendrai! pour un ogre... tandis que vous êtes au fond, un vrai mouton...

MEUNIER. Mouton, toi- même... Apprends que je ne suis pas doux... entendstu... et que quand je m’y mets...

GUYACE. Oui... je sais bien , quand vous êtes poussé par les autres, dont vous avez peur...

MEUNIER , virement. Je n’ai jamais peur, et je ne suis jamais poussé...

Il s’arrête tout-à-coup . et regarde autour de lui d’un air effrayé.

1IORTENSE. O mon Dieu! mon ami, qu 'avez-vous?

MEUNIER. Rien... rien... je fais réflexion que nous parlons un peu haut... j’avais cru entendre... [A Guyace et aux paysans.) Fermez la grille... dérobez-moi a ! ceil indiscret des passans... entourez-moi... clôturez-moi.

HORTEXSE. Ces précautions?..

MEUNIER. Mesure politique d’un homme ferme et prudent, qui connaît le temps de liberté, où il vit... Ecoutez-moi tous...

plus prés, que diable... n’ayez donc pas peur... j’ai déposé le glaive de la loi... et je viens tout bêtement pour vous rendre un important service...

TOUS. Un service I..

MEUNIER. Avez-vous lu le décret de?..

GUYACE. Non! qu’est-cc qu'il dit le décret?. .

MEUNIER. Q uc tout prêtre qui refusera de prêter serment à la constitution , sera immédiatement suspendu de ses fonctions, dépossédé, incarcéré... et...

GUYACE. Après?

MEUNIER. Eh bien après? Pierre Ilurtean a refusé de prêter serment...

GUYACE. Oui, mais Pierre Hurtcau est un brave homme, lui...

MEUNIER. Qu’cst-cc que ça fait? est-ce qu’on prend garde à ça? Pierre Hurtcau est sous le coup de la loi... et vous n’avez pas craint, imprudent, de vous adresser ù lui pour le baptême de votre fils! et la citoyenne Meunier, ma femme , n’a pas reculé devant la monstrueuse idée de tremper dans une pareille illégalité, et d’être à mon insu...

HORTENSE. Marraine de l’enfant de Ro-

salie! n’est-elle pas ma sœur de lait? ne lui avais-je pas toujours promis qu’il en serait ainsi...

meunier, rivement. Vous aviez promis!

mais moi... maire de la commune de Champaubcrt... de ci-devant bailli que j’étais... j’ai juré au pouvoir, qui m’a nommé, de faire respecter ses décrets...

TOUS. Ils sont beaux ses décrets!..

MEUNIER, rivement et itérant tatou. Oui, ils sont beaux! et quand je suis magistrat, décoré de la marque de ma charge , j’ai le courage de les trouver superbes... ( Baissant ta voix.) Mais ici, je suis hoqime, comme vous... je parle A des amis...

TOUS. A la bonne heure !

MEUNIER, tes attirant autour de lui. Comprenez donc bien ma pensée... Au temps où nous sommes... les fonctionnaires, par mesure de prudence, doivent avoir peu de rapports avec le clergé, et moi, je n’en ai pas da tout... or donc, je n’ai jamais vu le curé de cette paroisse... je ne le connais, ni ne veux le connaître, et pourtant je serais désolé qu’il lui arrivât un malheur. ' TOUS, lin malheur?

HORTENSE. Vous m’effrayez 1 MEUNIER. Apprenez qu’il vient de nous arriver de l’aris , un agent spécial du comité de salut public... un grand... à l’air terrible... au regard menaçant, qui n’ouvre jamais la bouche; mais dont le geste vous a une éloquence si persuasive... bref!

voyez l’ierre Hurteau et tâchez de le décider à s’éloigner au plus vite... J’ai dit, et je me sauve... adieu, mes amis... mes bons amis. ..(Fausse sortie, retenant. )Lc premier, qui parle de ma visite , arrêté , comme agent de Pitt et Cobourg... attendu que lorsqu’il s'agit de remplir mon devoir rien n’est capable de me faire trembler...

Après s’être assuré qu'il n’y a personne sur la roule il sort, et disparaît en courant.

ÜCC DI'B I

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