SCÈNE XV
HORTENSE, SOPHIE , puis MEUNIER.
HORTENSE, qui Us a suivis des yeux, se retournant apres Uur départ et ne voyant plus iies côtes sa fille qui s' est glissce dans le presbytère. Ma fille!..
SOPHIE, paraissant à la fenltre la plus devis. Aie voilà, maman... Uh! n'aie aucune crainte... il n'y a pas (le danger iei...
MEUNIER , surgissant par U soupirail de sa cave. Ni ici uou plus... uu chef ue doit jamais s’exposer.. . principe militaire. (C'/ier- (luuitdes yeux Sophie dont il aentendu ta voix et t' apercevant d ta fendre.) Ah! ma fille au grenier... nous ne nous douoerous pas la main...
HOBTENSE, d Sophie qui s'avance eur le balcon. Descends...
Sophie. Laisse, laisse... que je voie ce qui se passe...
MEUNIER, s'accoudant sur te soupirail.
Voyons ce qui se passe.
SOPHIE. Ok ! ma mère. . . à quels dangers ils vont s’exposer...
hortekse. C’est ton père surtout, qui m’inquiète... où est-il à présent?
MEUNIER, s'affermissant. Je suis à la bataille, sur ma futaille...
hobtense. Ne l’aperçois-tu pas là-bas, dans la plaine?
booeb. 17
meunier. Le beau lapin, que je ferais à courir la plaine!..
HORTF.NSE. Eh bien, Sophie?..
SOPHIE. Non, non, ma mère... mais voici Charles, et monsieur le curé...
MEUNIER. Monsieur le curé? est-ce qu’il va leur dire la messe...
SOPHIE. Ils font une halte... ils rangent leur monde... monsieur le curé étend le bras... Charles agite en l’air son épée, et tous traversent le pont, au pas de course. .. MEUNIER. Bravo! héroïques Français!..
SOPHIE. Oh ! que de lances et de petits drapeaux!., une nuée de cavaliers ennemis...
meunier. Ferme, ferme mes amis!..
l’Empereur nous regarde...
SOPHIE. Quel choc terrible!., les ennemis reculent !
MEUNIER, se prenant ta main d lui-mlme.
Bien, bien. Meunier, la victoire est à toi.
SOPHIE. Un sabre levé... sur monsieur le curé... Charles se précipite... [Elle pousse un cri. ) Ah !
Moment de silence.
HORTENSE. Charles ! blessé ?
SOPHIE. Non... frappé par lui... le cavalier chancèle et tombe...
MEUNIER. Action d'éclat!..
HORTENSE, arec inquiétude. Et ton père?
MEUNIER. Toujours à son affaire!
SOPHIE. L’ennemi revient en plus grand nombre...
MEUNIER. Oh ! oh !
SOPHIE. Les nôtres sont contraints de se replier et de repasser la rivière.
MEUNIER. Des Françaisqui fuient!
SOPHIE. L'ennemi est sur le pont...
Charles et monsieur...
Explosion terrible. — Tous Ira trois poussent ensemble uu cri de terreur. En se couvrant la ligure de leurs mains. Profond silence.
MEUNIER, relevant la tde. J’ai cru que la maison me tombait sur le dos...
SOPHIE, que sa mère encourage du geste , regardant de nouveau. 11 n’y a plus de pont sur la rivière... Charles triomphant...
Charles que tout le monde embrasse... que tout le monde félicite.
HORTENSE. Et ton père ?
MEUNIER, SC tâtant. Rien de cassé ..
SOPHIE. Sur l’autre rive, plus d’ennemis! repoussés, renversés, écrasés de toutes parts!., des soldats français 1 ma mère, rien que des soldats français, maintenantetl’enipereurl.. l’empereur qui passe à cheval, et qui salue les nôtres!., ils se mêlent... ils jettent leurs chapeaux en l’air en poussant des cris de joie ; les voilà qui reviennent.