‹ Roger ou Le cure de Champaubert dramevaudeville en deux actesChapitre 5 sur 36 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, TROQ, tout pâle et tout effaré.

TROQ. Ah! miséricorde î

TOUS, l* entourant. Qu'j a-t-il?

GUY ACE Est-ce que ce serait déjà l’agent du comité de salut-public?..

TROQ. Il s’agit bien de salut-public!

ce brigand... ce scélérat... ce damné de Roger

HORTENSE , vivement. Roger! le frère du curé Pierre Hurteau?..

ROSALIE. Tu le connais ?

guyace. Pardine!.. qu’est-ce qui ne le connaît pas dans le pays?

TROQ. Nous le croyions bien loin, n’estce pas, depuis sa dernière fredaine?., pas du tout, je viens de le rencontrer à deux pas d’ici, dans une auberge, sur le bord de la route, occupé à se raifraichir militairement avec une centaine de volontaires parisiens... vous savez ben , de ceux qui passent ici d’habitude pour aller à la frontière, les enfans de Paris, comme on les appelle.

GUYACE. Eh! qu’il s’en aille au diable...

pourvu que nous en soyions débarrassés...

TROQ. Debarrassés! plus souvent! il m’a chargé de vous annoucer, avec un déluge de calottes , qu’il sera içi , à la ferme , avant une heure, à l'effet de trinquer momentanément avec vous... et de donner l’accolade au nouveau-né...

GUYACE. Hein? qu’cst-cc que lu dis là, toi ? il oserait mettre le pied à la ferme!., qu’il l’essaie.

TOUS. Oui, qu’il l’essaie.^

iiortexse, effrayée. Des menaces ! mais que vous a-t-il donc fait de si terrible, ce Roger ?

GUYACE. Des infamies...

ROSALIE- Pas une femme qu’il n'embrasse.

TROQ. Pas un mari que...

GUYACE. C’est bon, on ne te demande pas ça, à toi...

TROQ, Etccqu’illeura fait dernièrement au bourg voisin ! dire que cet antechrist s’est habillé en curé, avec les habits de son frère... costume complet... tout, jusqu’à la perruque... si liich qu’on aurait juré du véritable, et qu’il a ainsi soutiré aux dévotes, une fameuse quête, déposée au tronc des marchands de vin, et autres Tricoteur» de l'arrondissement.

UORTEXSE , dont l* émotion est tisible et qui a plusieurs fois jeté avec crainte les yeux au dehors y tremblant de voir paraître Roger. Mes amis, la matinée s’avance ; et la

cérémonie a été longue et fatigante, il est temps de nous séparer.

choeur.

Air : C est aujourd’hui que fhymen nous engage.

Partons, partons, il faut quitter la ferme,

Et nous éloigner de ces lieux...

L'ouvrage attend, le plaisir a son terme.

Recevez nos adieux Tous deux.

hortense , d Guyace et Rosalie.

Les miens aussi, rarje vous quitte...

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