Le texte donne Autrefontaine
4. « Hi suni homines de Remin cl de Marrcf/ni manumissi et habcnt consimilem rartam qiiam hahenl homines de casleltania Petrejonlis », cahier, fol. 3;57.
5. JJ 30 A, fol. 1,54 à 156 : « Hec sunt nomina viltanim et personàrûm quibiis conccditur (ranchisia a domino rege in terra Laudiinensi ».
6. La présence de ce « nom de pays » ici est curieuse. Cf. sur lui L. Gallois Rc(jions naturelles et noms de pays, 1908, p. 155 suiv. Les noms de.s villages indiqués comme habités par les serfs affranchis sous la rubrique « Tardenoi's » sont : Chassemy : Mont | -Notre-Dame] ; Chavonne ; Acy ; Saint-Gilles ; Arcv- Sainte-Restitue ; Fismes ; Tannières ; Lhuys ; Bousseigne ; Ronchères ; Saponav • Marcuil[-en-Dôle| ; Saucy ; Craonne. ' ' i . j
7. JJ 30 A, fol. 156. Hec sunt nomina personarum de parrochia Sancli Gernmni juxta Compendium quitus coneeditur franchisia a domino rege; et Hec sunl nomina personarum de Verron quitus coneeditur /ranchisia a domino rege. Sur Saint-Ciermain cf. Bourfiin, La commune de Soissons. p. 24 L ' '
8. Olim, I, p. 239, n" vi. L'arrêt mentionne également les affranchissements de Jaux, le Meux, Rivecourt et Chevrières, compris dans la grande manumission de
180 KOIS ET SERTS
§ o. Les (oiluncs sen'ilis d'après rajjiancldssemvnl de la châiellenie de Pierrefonds :
La liste des serfs affranchis dans la châtellenie de Pierrefonds, que contient le petit cahier relié dans le Regislrnm Guarini, offre pour l'histoire économique un intérêt de tout premier ordre. Nous savons par la manumission elle-même que le prix de la liberté était fixé, pour chacun, à 5 % de sa fortune totale; or le cahier nous donne, individu par individu, les sommes versées. Grâce à lui nous pouvons donc c<)nnaître l'échelle exacte des fortunes, dans la population servile d'une région déterminée.
Les renseignements fournis par le cahier peuvent s'exprimer dans le tableau que voi«i :
Nombre des ménages Sommes versées versant ces sommes
1 sou à 1 livre. 652
au-dessus de 1 livre à 2 livres. 141
)) de 2 livres à 3 livres. 75
)i de 3 livres à 4 livres, 31
» de 4 livres à 5 livres. 13
» de 5 livres à 6 livres. 7
» de 6 livres à 7 livres. 6
« de 7 livres à 8 livres. 5
» de 8 livres à 9 livres. 2
» de 9 livres à 10 livres. 3
En outre on trouve trois versements supérieurs à 10 livres : soit respectivement 12 1. 5 sous, 16 livres, et 96 livres.
Le versement le plus faillie — qui se présente plusieurs fois — est de 1 sou, — correspondant à une fortune d'une livre ; le versement le plus fort de 96 livres, — correspondant à la fortune tout à fait exceptionnelle de 1.920 livres.
Somme toute l'immense majorité des serfs touchés par l'aiïranchissement de la châtellenie étaient pauvres. Sur 935 versements, 652 étaient inférieurs ou égaux à 1 livre, c'est-à-dire représentaient des fortunes ne dépassant pas 20 livres. Sur les 283 versements supérieurs à 1 livre,.
Pierrefonds, — et l'affranchissement de Margny, indiqué dans le cahier de Pierrefonds, à la suite des villages de la châtellenie. 11 signale des serfs affranchis à Compicgne, ce (|ui se ra|)i)orte vraisinil)lai)lemcnt à l'affranchissenient de Saint-Germain, faulKJurg de Compiègne. cité par le registre J.J .'^O a à la suite de la manumission laonnoise. Le le.xte du manuscrit (auquel je me suis reporté) est mauvais ; lire Omeux au lieu cVOmenx, Cyoerirres au lieu de Ci/nrriqrrs. Qjaiit à Caiilij au lieu de Canh/, c'est une faute de l'édition lieugiiot. On renurrquera qu'au sujet de le Meux, l'arrêt donne une |)récisi(in • apud Ointux. le Mont, et in tota ])arrocliia loci ejubdem »; le MonI, aujourd'hui Meux-le-.Mont, est un écart de la connnunc de le Meux.
AIM'ENDICE I 181
141 — la moitié environ — ne dépassaient j)as 2 livres (fortunes atteignant au plus 40 livres). A mesure que Ton s'élève dans l'échelle des prix, le nombre des versements décroît d'une façon presque constante. Evidemment la plus grande partie de la population vivant dans la chàtellenie se composait de petits cultivateurs, simples travailleurs agricoles ou possesseurs de biens fonds de très médiocre étendue. Pourtant, à côté de ces paysans assez misérables, on rencontrait des éléments plus riches : sans doute de gros cultivateurs, et peut-être quelques marciiands des villes, originaires des domaines royaux et affranchis avec leurs anciens compatriotes. Ce sont les conclusions qui ressortent de tous les documents. La plupart des serfs étaient de pauvres hères ; mais parmi eux il se trouvait des familles aisées et même cossues, — celles par exemple qui se transmettaient de père en )]ls les offices seigneuriaux de maires et de doyens ; — et dans les campagnes, au xiii^ siècle, les fortunes étaient beaucoup plus inégales que sur la foi d'idées préconçues on ne Timagine quelquefois.