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Roland des Lassus

oi.AN'i) DE LASSUS est ne à Mons en 1520. Les témoignages de \' inchant, Locrius, De Thou, Swertius, Brasseur, Moreri, Tessier, ForkeL Burney, Gerber. De la Serna Santander, Fellen Cheron & Fayolle, etc., etc., n'ont pas été détruits par des preuves aittbaiiùjues.

Sa ville natale ne ressemblait guère alors à la coquette cité d'aujourd'hui!

Les rues étaient en grande partie les mêmes, mais plus étroites, mal pavées, alignées en festons capricieux & peu nettoyées, malgré les fontaines

qui faisaient jaillir leurs eaux en plusieurs endroits de la vill?.

Les habitants devaient alljmer caudclk par mat et à leur huis; la clarté d'une chandelle était sans doute insuffisante &, malgré le dissentiment qui se manifeste souvent, de nos jours, entre le gaz et la lune, l'éclairage actuel est préférable à celui d'autrefois; le tout à l'égoùt vaut aussi beaucoup mieux que le tout à la rue.

Les environs de la place Saint-Jehan (le Parc actuel) étaient peu bâtis &, de leur hauteur assez considérable, la vue pouvait s'étendre jusqu'à la vaste forêt qui couvre les territoires des villages de Baudour, Ghlin, Maisières & Casteau.

Le Marché aux herbes, disons aux légumes, les rues des Marcottes, de la Biche, du Miroir, de la Clef, la rue Verte datent du X\'P siècle. A cette époque remonte également l'élargissement des rues des Fillettes, des Ouièvroix & de Bcrtaimont.

Beaucoup de maisons étaient encore bâties en torchis, ou en bois, «S: couvertes en estrain (paille). Pour combattre ces modes de constructions, on dut édicter de nombreuses ordonnances, même au XVIII« siècle.

Sur le Grand Marché (Grand'place actuelle; se trouvait la Maison de Paix, ou Hôtel-de-ville ; derrière était la Prison communale, vers la rue d'Enghien.

Les bâtiments actuels de l'Hôtel-de -ville, non achevés, & dont on admire le beau st^'le gothique, ont été édifiés en 1467.

A la Maison de paix siégeait l'autorité appelée le Magistrat & qui comprenait le mayeur, les échevins, les assesseurs, greffiers, conseillers pensionnaires. La municipali-é régissait les revenus de la commune, percevait les taxes locales, conférait les charges dépendant du service de la ville, surveillait la comptabilité des revenus des églises, et des établissements de charité. Le magistrat avait en outre des attributions judiciaires assez étendues.

Le Beffroi actuel n'existait pas; il date de 1662, mais à côté de la Cour du Château étaient les ruines de la Tour Auheron &, plus bas, la Tour à hoih)ge.

Parmi les bâtiments religieux, il faut citer les églises de Sainfe-JVaudru, de Sainl-Gernmin, de Saint- Kicolas -en 'Havre, de Saint-Nicolas-en-Bertaiiuont, du Béguinage, les chapelles de Saint-Georges, du Parc o-u de N.-D. de Cambron, de N.-D. du Sart ou de Sainte- Marguerite (rue des Sarts). La paroisse de Sainte-

Êlisabelh a été érigée au commencement du XVI- Gièclc.

Des communautés importantes e>:istaient également: le Val des Écoliers, les Récollets (rue de Bertaimont), les Pauvres Sœurs (Béguinage), les Sœurs Gloires, les Sœurs grises & les Repenties que rappellent les rues portant ces noms, VEpinlieu, les refuges de différents monastères, etc.

Les cimetières entouraient les églises.

Les principaux bâtiments civiJs de l'époque étaient : la Grande boucherie (Grand-marché ou Grand' place), la Petile boucherie (que rappelle la rue), la Halle aux Idès (Grand'rue), la Halle aux draps (rue actuelle de la Terre du prince), \2i Halle des pelletiers (rue actuelle des Clercs), le Poids de la ville (Grand'rue). r École des enfants pauvres (rue Noble, actuellement rue Notre-Dame), VËcole au surplis (rue Samson), l'hospice des Houpelines, les Hôpitaux de Saint-Ladre, de Saint-Nicolas (rue d'Havre), de Jean Le Taye (rue du Rivage), de Cantinipret, de Houdeng ou de Houdain (actuellement les Kanquennes), de Saint-Julien (rue de Bertaimont). La mise en maison, des chartriers date de cette période; le collège de LIoudain fut érigé en 1545.

Les familles de \aast, d'Enghien, de Chimay, de Boussu, d'Havre, de Bouzenton, D'Aymeries, de Ligne, de Molembaix, etc., avaient alors des hôtels en notre ville.

Les principales Hôtelleries étaient celles de y Ange, rue de la Gauchie (Chaussée), du Heaume (actuellement rue de la Coupe), de la Coupe d'or (qui a donné son nom à la rue).

La ville était fortifiée; on y entrait par les portes de Nimy, d'Havre, de la Guérite, de Bertaimont, du Rivage & du Parc.

A la porte d'Havre, se trouvaient trois liviers appelés des Apôtres, de Pravelle & du Petit Houssart.

La Trouille pénétrait en ville par la porte de la Guérite, rencontrait les Moulins Jumeaux, non loin de la Croix -place (actuellement Marché aux poissons), puis le Moulin au pont (rue de Liège) et sortait par la porte du Rivage.

A cause des « iaquineurs de gougeons « on appelait Pêcheries les quart -ers du Trou-Oudart. La ruelle des Pêcheurs existe encore.

Peut-être Roland s'était -il arrêté dans ces parages & en avait-il retenu le goût de la pêche

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à la ligne qu'il conserva à Munich avec celui du du jeu de balle.

Sans doute, il a vu souvent manœuvrer les Seniieiils qui existaient alors à Mons : les Arbalétriers de Notre-Dame, la plus ancienne corporation militaire montoise, les Archers de Saint- Sébastien & de Sainte- Cécile, les Arquebusiers de Sainte-Christine, les Canonniers de Saint-Laurent.

11 devait connaître les Conjrcries du Xoble Phénix, du Gros nain, du Rossignol, les Musiciens de Sainte- Cécile & la Confrérie du Saint-Esprit, ou des compagnons rhétoricjens (Joueurs d'histoires & de farces).

11 a dû assister, sur le Grand-Marché (la Grand' Place), à la représentation des Mystères qui durait parfois plusieurs jours.

N'a-t-il pas accompagné, comme enfant de chœur, la procession de la Trinité, avec les membres du magistrat en longues robes de damas noir, les sergents portant la masse, le clergé, les confréries, les religieux, les Serments, le Car d\v; etc., quand on prenait à Saint -Ladre un repas dont les frais étaient supportés moitié par la ville, moitié par les chanoines de Sainte-Waudru?

Le long trajet de cette procession nécessitait une

halte. Le chemin menant à la place de Saint-Ladre, laquelle était une propriété du chapitre de Sainte- Waudru, a conservé le nom de Cheiniii del Procession.

N'a-t'il pas vu le Liinieçon qui remonte probablement à l'ordonnance de Guillaume de Bavière, chef de la confrérie de Saint-Georges, prescrivant, dès 1405, aux confrères de paraître à la procession?

Ceux-ci y représentaient la vie & le triomphe de leur patron, accompagnés du Doiidoii, cette marche guerrière des anciennes compagnies militaires de Mons.

Un Luiucçon était autrefois synonyme de tournoi, combat particulier, ou bien évolution militaire qu'une troupe exécutait devant un souverain, un seigneur, ou une autorité, pour leur rendre hommage.

Les véritables paroles du Doiidou ont été données par M. Léop. Devillers avec leur signification :

Nos irons vir l'car d'or

Al procession de Mon ;

Ce s'ra rpoupée Saint Georg'

Qui nos suivra de long;

C'est l'doudou, c'est Imama ,'

C'est l'poupèe. poupée, poupée;

C'est l'doudou, c'est l'mama,

C'est l'poupèe Saint Georg' qui va.

Voici rinterprétation de ce couplet :

Nous irons voir le char d'or à la procession de Mons, ce sera la poupée (madone) de Saint Georges qui nous suivra de loin. C'est le très doux Jésus, c'est la mère, c'est la madone de Saint Georges Cjui s'avance !

Le refrain ci-après parait avoir été ajouté plus tard :

Les gins du rempart

Riront comme des kiards

Dé vir tant dé carottes,

Les gins du culot

Riront comme dès sots,

Dé vir tant de carot' à leu' pots.

Parcourant les foires de la Pentecôte & de la Toussaint, Roland a pu voir également les produits d'une industrie prospère, la Draperie (Triperie)^ que les troubles du XVP siècle ont détruite & que seul le nom de deux rues (la Grande & la petite Triperie) rappelle encore aujourd'hui.

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