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ROND-POINT D'HAVRE

Les monuments modernes suivants sont dignes d'attention :

Le Théâire, situé Grand' place, élevé sur les plans de l'architecte Charles Sury, enfant de Mons, la Boucherie, rue de la Halle, sur ceux de \"an Gierdegom ; le Palais de Justice, rue de Nimy, de l'ingénieur-architecte Huriau; l'Hôpital civil et VÊcole normale, tous deux de l'architecte J. Hubert ; VAthénèe royal, de l'architecte Trappeniers, de Bruxelles, & la Banque nationale.

Mons possède trois statues en bronze :

La statue équestre de Baudouin de Constantinople, déjà citée, exécutée par Jacquet et située au rond point de l'avenue d'Havre ; la statue de Roland de Lassus, œuvre du statuaire Frison, qui orne le Parc, & celle de Léopold i^^, placée en face de la gare du chemin de fer, signée Simonis.

La Gare du chemin de fer, quoiqu'un peu basse, -a un caractère architectural réussi & ne parait petite que par les dimensions de la place sur laquelle elle est assise.

Le Monument météorologique, élevé à la mémoire de l'astronome Jean Houzeau, & qui se trouve à

proximité de la Gare, est l'œuvre du statuaire Van Oemberg, professeur de notre Académie des beaux arts. Quelques mètres plus loin, le Temple maçmwique étale sa façade égyptienne trés-réussie. Cette construction, exécutée sur les plans de l'architecte Puchot, de Mons, rompt la monotonie de la rue Chisaire, qui mène directement à la rue André Masquelier, où se trouve la Tour du Valdes-Êcoliers.

Grâce à la Commission des monuments, & sur les instances de M. l'échevin Lescarts, ce fragment ancien, qui produit bon eiiet dans l'ensemble de la ville, nous a été conservé.

Cette tour, qui est en bonne voie de réparation» nous révèle son architecture charmante & Tachèvement des travaux est proche.

Transportons -nous de ce pas sur une vieille place transformée & devenue aujourd'hui le Square Saint Germain. C'est là qu'on a érigé le monument du Bourgmestre François Dolez.

Œuvre du statuaire Charles Brunin, enlevé pré-

maturément à la belle carrière qu'il s'était tracée et dont le talent a laissé des œuvres de mérite à Bruxelles, à Laeken, & notamment à Belœil, ce monument est surmonté d'un génie en bronze, tenant une couronne au-dessus du buste, très ressemblant, de François Dolez.

Les côtés du piédestal sont ornés de deux chimères qui ont été inspirées par le dragon légendaire de Mons.

L'ensemble n'est nullement banal & constitue une œuvre d'art remarquable, dont le malheureux Brunin n'a pas vu l'inauguration, la mort étant venue le surprendre quelques jours avant l'achèvement.

11 est bien permis de s'étendre un peu sur le statuaire que Mons a vu naître, car, avec De Bettignies & Fonson, qui brillaient au XYllI-^ siècle & Louis Devillez, qui se distingue de nos jours, il n'y a guère à citer que Jacques Dubrœucq.

Voici deux anecdotes sur Charles Brunin qui sont peu connues, sans doute :

Pendant les préliminaires pour l'exécution de la statue du prince de Ligne à Belœil, & alors qu'on avait fait choix de Brunin, certain personnage.

un envieux sans doute, fit dire, par un arrière petitneveu de l'homme illustre, qu'il n'y avait pas lieu d'élever un monument à la mémoire de celui qui n'avait fait aucun honneur d sa famille !

Soyez donc beau prince, galant homme, bon diplomate, excellent écrivain, pour être apprécié ainsi par certains descendants !

Il est vrai de dire que le prince est l'auteur ■d'un volume intitulé : Mes Fredaines & c'est peutêtre un crime qu'on ne lui pardonne pas!...

Lors de la réception du modèle de cette statue, un membre de la Commission des monuments, qui était physiquement assez mal doté par la nature, fit remarquer que l'artiste avait peut-être exagéré un peu l'élégance du prince, & ajoutait qu'il paraissait disposé à entrer en danse, sur quoi Brunin répondit : « Cette élégance lui était naturelle, Monsieur, & c'est grâce à elle qu'il est parvenu à se faire distinguer par la hautaine Catherine de Russie, qui n'aurait jeté qu'un regard de pitié sur des êtres bâtis comme nous ! «

Le bonhomme se tut & la statue fut acceptée d'emblée.

- Gc, -

Nous supposant toujours dans le Square Saint Germain, reculons de quelques pas & admirons le tableau pittoresque qui se présente à nos yeux : Le monument Dolez occupant le premier plan, nous avons pour deuxième le pensionnat de Sainte Waudru, fondé par M^^^^ Passage, & deux petites maisons à pignons ; pour troisième plan le beffroi, qui s'élance majestueux vers le ciel et paraît atteindre les nues. Rien n'est plus charmant!

Regardons le cadran de la tour, il marque midi moins deux minutes... quelques secondes encore... et voici le carillon qui égrène son chapelet de notes cristallines ; les ramiers volent joyeux autour de la lanterne du monument qui abrite leurs amours; leurs petits cris font croire qu'ils sont en fête !...

Cette musique aérienne, symphonie lutine, qui se répand sur la ville entière, prélude à la sonnerie de l'heure, qui tinte ensuite lentement.

C'est dimanche, c'est jour de fête; aussitôt le bourdon résonne, le carillonneur attaque vigoureusement son clavier, frappe son pédalier avec violence & lance dans l'espace les airs populaires en vogue!

Rien n'est gai, rien n'est brillant comme le carillon !... il est le compagnon inséparable de nos festivités !

Sans le vouloir, ce Coup-d'œil sur Mous prend des proportions imprévues, cependant il reste encore à citer les monuments suivants :

U Église de Saint NicoIas-eii~ Havre, rue d'Havre, avec son vieux clocher en briques, datant de 1424.

L'intérieur a été intelligemment restauré ; on y remarque le beau buffet d'orgue, les belles sculptures de Charles Fonson, qui ornent le chœur et quelques tableaux anciens.

V Église de Sainte Elisabeth, rue de Nimy, avec son gracieux campanile, œuvre de Claude De Bettignies, & dont les peintures murales des chapelles sont réussies.

V Église de Saint NicoIas-en-Bertaimont, sans style, mais dont le maître -autel est orné toutefois d'une belle Assomption d'Antoine Van Ysendyck.

L'Orphelinat, situé rue de Bouzanton, fondé en 1562, & la Chapelle du Béguinage, construite en 1549.

Dans la rue des Juifs se trouve le Couvent des

Sœurs noires, avec sa jolie chapelle, contenant des reliquaires & des tapisseries très-remarquables et, dans la rue des Chartriers, qui fait suite à cette rue, on distingue V Hospice des Vieillards, avec sa belle façade en pierre.

Le Couvent des UrsuUnes, élevé sur les plans de Claude De Bettignies, possède une chapelle très vaste & très-élégante.

Deux casernes abritent notre garnison:

La Caserne Guillaume, l'infanterie; la Caserne Uopold, la cavalerie; celle-ci a son Manège tout à côté.

La Caserne de gendarmerie, située près du Parc, est une construction nouvelle bien conçue, exécutée sur les plans de l'architecte Vincent et, dans le voisinage, se trouve la Prison cellulaire, construite en vieux style flamand.

Mentionnons la Tour valenciennoise, enclavée dans la Caserne de cavalerie ; c'est le demier vestige d'anciennes fortifications.

On 'peut voir, sur la Grand'Place, en face de l'angle de la rue de la Coupe, une maison, appelée le Blanc Lévrier, dont l'architecture appartient au style ogival déjà atténué ; les sculptures des bas-reliefs en sont remarquables & indiquent le millésime 1530.

Sur la Place d'Havre, pris du Béguinage, il existe une ancienne maison, ayant appartenu au duc d'Havre & qui, malgré son délabrement, a conservé une chambre revêtue de boiseries très belles de l'époque de Louis XV; les décors en sont gracieux & une alcôve est parfaitement conservée.

VHôtel de la Couronne, situé Grand'Place, divisé actuellement en deux demeures, a perdu son cachet primitif, mais n'en est pas moins une construction très distinguée qui remonte à la fin du XVllIe siècle; plusieurs personnages historiques, tels que Joseph II, Louis X\lll, l'empereur Alexandre de Russie, et en dernier lieu le fils de Napoléon 111, y ont reçu l'hospitalité.

L'Hôtel du Gouvernement provincial, datant de 1691,, et, un peu plus loin, le grand kàtiment où sont installés les bureaux de l'administration des Hospices, ont un certain caractère. Dans l'avant-cour

de ce dernier on a réédiiié la belle porte d'entrée de l'ancien Hospice de la Houssiere, qui se trouvait sur' l'emplacement de la Banque nationale actuelle.

11 reste à citer le Waux-Hall, d'abord société particulière & ensuite repris par la ville.

Les jardins admirablement tracés, embellis par de grandes pièces d'eau & une cascade, en fait un lieu de réunion du plus grand attrait pour les habitants & un but de promenade pour les étrangers.

Nos boulevards, dont le pourtour mesure cinq kilomètres & qui suivent le tracé des anciennes fortifications, sont de toute beauté & omirent des points de vue admirables ; de jolies constructions les rehaussent & la distribution d'eau y montre ses puissantes machines, qui refoulent jusqu'à la hauteur du square du beîiroi les eaux pures & saines qui alimentent la ville.

Du boulevard Baudouin de Jérusalem, le plus beau, à cause de ses sinuosités & des sites champêtres qu''on y découvre, on voit le monument du Tir communal &, près de lui, le Cimetière, un des plus intéressants du pays, par ses accidents de ter-

rain & le groupement des monuments funéraires, qui sont nombreux & souvent de bon goût.

Éloigné de la ville de vingt minutes seulement, la visite en est très facile; pour s'y rendre il suffit de suivre l'avenue du Rœulx, à côté de l'Hôpital civil.

C'est là que reposent dans des tombes somptueuses, ou sous des terti;es de verdure, les précieux restes des poëtes Adolphe Mathieu, J.-B. Descamps, Camille Desguin, Antoine Clesse, nctre chansonnier populaire, dont les joyeux refrains remplissent encore nos fêtes ; ceux des musiciens J.-F. Robert, J.-B. Stevens, Jules Denefve, Alexis Delfosse, Hippolyte Héro, Jules Gillet, Philippe Mar}'j Joseph Loret, Desmet, Gondry ; ceux des généraux Duvivier, du sculpteur Brunin, des peintres Etienne Wauquière , Nicolas Legrand, Auguste Gerboux & des littérateurs Camille Wins, Hippolyte Rousselle, De Puydt, etc.

La tombe du Gouverneur Thorn, élevée par souscription populaire, domine toutes les autres.

Les établissements d'instruction sont nombreux à Mons : indépendamment de ses écoles com-

munales, bien organisées & spacieusement établies, nous avons V École pnyvinciaU d'Industrie & des Mines du Hainaut, directeur M. A. Macquet, établissement dont la réputation est très-grande, car parmi les nombreux élèves qui le fréquentent, il en est beaucoup de nationalités étrangères, telles que la France, l'Allemagne, la Russie, la Roumanie, etc.; les ingénieurs qui y ont obtenu leur diplôme sont généralement recherchés.

VÊcole normale d'instituteurs, directeur M. J. Aubert; Y Athénée royal, préfet, M. Gillet; VÊcole moyenne de l'Ëlat (garçons), directeur M. C. Duquesne; VÊcole moyenne de VÊtat (filles), directrice M- S. Delheusy; VÊcole professionnelle pour filles, directrice Meiie Hubert ; les Écoles Frœbel, directrice M"^® Heinercheidt-Frond. ^

VÊcole d'Horticulture, annexée au W'aux-Hall, directeur M. Laurent. Un de ses professeurs, M. E. Hublard, vient d'être nommé conservateursecrétaire de la commission de la Bibliothèque de Mons.

Notre Académie de Musique, directeur M. Jean Vanden Eeden, a des professeurs distingués qui forment des élèves arrivant facilement à se tracer

un sillon dans la carrière artistique ; nombreux sont les Mcntois qui occupent des emplois enviables à Tétran^er.

U Académie des Bcaiix-Aiis, directeur M. Antoine Bourlard, est prospère, & on peut citer parmi ses anciens élèves les peintres & graveurs Motte, Lenain, Greuse, Tichon, Bernier, Cosyns, Dujardin, Postel, Cat}', Lucq, Auquier, M^Hes Danse, Douard et tant d'autres dont le talent est apprécié.

Les cercles savants & artistiques sont aussi très nombreux à Mons, ainsi que le démontre la liste qui suit: la Société des Sciences des Avis & des Lettres du Haiuaiit, président M. Auguste Houzeau de le Haie; la Sixièté des Bibliophiles belges, président, M. Dolez ; le Corde archéologique, président M. L. Devillers; la Société pour l'Encouragement des Beaux- Arts à Mons, président M. H. Raeymaeckers ; le Cercle des anciens élèves de VËcole des Mines de Mons; la Société de Musique de Mons, président M. Mangin ; la Société des Concerts & des Redoutes de Mons, président M. Abel Letellier ; le Cercb Symphonique, vice-président M. A. Gouche; la Société royale des chœurs: Les Ouvriers montois, président M. Emile Masquelier fils ; le Cercle Fétis, président M. Louis Sury.

Trois institutions démocratiques & philantropiques étendent leur action sur les travailleurs et leurs familles:

Le Cerck pour l'encouragement de riustruction primaire, président M. Aug. Marlier ; le Cerch des Réunions populaires, président M. Léopold Loret, et r Union Ouvrière, président M. Eugène De^vez, père.

Il existe à Mons une quantité de cercles de réunion & de sociétés d'agrément, dont voici les noms :

La Société des Archers de l'Union, une des plus anciennes de la ville; la société de lecture V Amitié; le cercle Plaisir & Charité; la société V Avenir; le Théâtre wallon; le Cercle d'Escrime; les Riverains de la Meuse; la Fanfare libérale, celle des Amis de Flore; la société de g^^mnastique La Vaillante ; le Cercle de Gymnastique, etc., etc.

Ce Coup-d'œil sur Mons, faisant suite à la Biographie populaire de Roland de Lassus, ne donne que des notes sommaires sur les monuments et se borne souvent à les indiquer ; il convient à l'étranger qui ne peut y faire un séjour, mais il ne

suffit pas à celui qui veut connaître la ville dans tous ses détails.

C'est du reste une édition modeste qu'on a voulu mettre à la portée de tous, par son bon marché & par ses dimensions réduites.

Il est toutefois facile de satisfaire celui qui veut en connaître davantage, car en même temps que la présente brochure, paraît un ouvrage dûà la plume exercée de M. Gonzalès Decamps, le charmant écrivain dont les œuvres sont si hautement appréciées.

C'est un très beau volume, illustré de nombreuses gravures & dessins, édité par la maison Victor Janssens, avec un soin extrême, & qui se trouvera bientôt entre toutes les mains.

Il porte le titre : Guiik dans Mons & les environs, & se présente sous une couverture vraiment artistique.

Toutes nos félicitations à notre excellent

confrère Janssens.

Léopold Loret.

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