‹ Roland & Marie PhliponChapitre 9 sur 68 · A Sophie, 7 mai · texte numérisé non relu

A Sophie, 7 mai

Je ne reçois que des visites fort rares de votre M. Roland de la Platière ; il me paraît être de ces hommes occupés qui ne se donnent pas à tout le monde. Vous aurez peut-être trouvé étrange qu'aimant à peindre je ne me sois pas exercée sur son portrait : je ne le vois pas assez pour espérer de saisir la ressemblance. Je soupçonne qu'il aurait été digne des détails de mon pinceau ; mais il est à mon égard au bout d'une si longue lunette que le croirais encore volontiers en Italie. J'imagine cependant qu'il n'a pas quitté cette ville ; mon départ pour la campagne (1) m'empêchera peut être de recevoir ses adieux.

Ce ton détaché, presque de mauvaise humeur, ferait croire à un peu de refroidissement si la lettre du 12 juin, qu'on va lire plus loin, ne nous apprenait que c'était chose concertée. Il est d'ailleurs exact, mais pour une toute autre cause, qu'en ces dernières semaines de son séjour à Paris, Roland avait dû voir assez peu sa jeune amie : il avait été malade. « J'ai gardé le lit pendant quinze jours, la chambre pendant près d'un mois », écrivait-il le 22 mai à Cousin-Despréaux (2).

(1) Elle devait partir le 19 pour ua séjour à Fontenay-les-Briis, chez son grand-oncle Besnard, régisseur du financier Haudry de Soucy.

(2) Coll. Le Corbeiller.

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Puis Marie Phlipon, partie pour la campagne le 19 mai, n'en revint que le 3 juin (Dauban, II, 302), et, à la date du 11 juin, l'inspecteur avait déjà regagné sa résidence.

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