‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 160 sur 319 · LECTURES EXPLIQUÉES · texte numérisé non relu

LECTURES EXPLIQUÉES

lectures les ouvrages qu'il lisait lui-même avec délices, tels que l'Histoire des Israélites, Y Hisloiro de l'Académie française par Pelisson, les Panégyriques, les Oraisons funèbres, qui ajjondaient à son époque. Ces lectures, pensait-il, pourraient les distraire et les initier en même temps à ce que l'éloquence a produit de plus parfait. Les élèves étaient-ils de son avis? Nous ne le pensons pas. Des réclamations durent lui être adressées, car à la liste des ouvrages que nous venons d'indiquer, il ajouta les deux tragédies à'/'^sther et d'Athalie ainsi que différentes pièces de vers de M. Despréaux et sa traduction du Sublime de Longin, « avec ses remarques qui, dit-il, seront pour eux une bonne rliétorique » '.

C'était beaucoup présumer de la nature des enfants généralement peu sérieuse; les moindres contes amusants et instructifs leur eussent été plus utiles et i)lus agréables; mais ils fai saicnt défaut à cette époque et Rollin ne pouvait guère proposer à leur usage que les fables de La Fontaine, dont un certain nombre n'est pas encore à leur portée.

En revanche il introduisit, pour les grands comme pour les petits élèves, l'utile innovation des lectures expliquées. On connaissait bien, surtout chez les Jésuites, pour les auteurs latins, les préleclions , sorte d'explication philologi(|ue du texte, mais on négligeait cet exercice pour les auteurs français; Rollin l'établit, et recommanda d'insister en outre sur les détails historiifues et littéraires auxquels donnaient lieu cer tains passages.

Le Traité des h'iudes renferme, comme modèle île lecture expliquée, quelques pages de l'Histoire de Théodose par Fléchier, relatives à l'élection de saint Ambroise, arclievè(|ue de Milan. L'explication est peut-être un peu longue, mais la mi-tiiodi' est excellente, et Hollin y (''met une appréciation très juste et souvent fine du st>le de KN-diicr.

(( .\vec une lecture (Ir celle sorte, tous les jours, dit le bou Kecteur, il est aise de eoMi|ireiidre jus(|u Hi'i irait le progrès ;ui bout de |)lusieurs années : (juel goût les ('lèves remporteraient du collège pour la lecture! l']||e les préserverait d'une inliniti'- de dangers et leur ferait aiuur el recherclier la couipa^uiedes gens

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