Cliapotin, p
Quand la Rt-volutinn eut supprimé les rèelements et les piivili";ges de rUniversilti, l'ancien coUèiie de Beauvais devint le lieu de réunion des autorités constituées de la section du Panthéon français, et la ruejusqu'alors nomm<'-e rue Saint-Jean-de-Beauvais, ne s'appela plus que rue Jean-de-Beauvais.
La chapelle du coll-'-iie, dès l'an III de la République, fut affectée à la fabrication de la poudre, et l'on y installa une chaudière à salpêtre 1.
Cette chapelle chanijea encore de destination en 18ir». Le gouvernement la concéda, ainsi qu'une partie de la grande cour, à une célèbre société philanthropique dirigée par MM. de Lasteyrie et le duc de Doudeauville -, qui y établirent la première école d'enseignement mutuel du département de la Seine; ce fut encore dans cette chapelle que furent fondés les cours de musique populaire d'où sont nés nos orphéons. Wilhem, créateur de ces cours, enseignait dans l'ancienne sacristie attenante à l'école'.
Sous le premier Empire, les bâtiments du collège passèrent entre les mains du Ministre de la guerre qui y installa une caserne; ils servirent ensuite d'hôpital mililaire, puis de magasin d'habillement, et redevinrent jusqu'en lS(iI caserne de Lisieux.
Les nombreuses démolitions faites depuis n'ont épargné «lue la chapelle, qui est encore telle qu'elle était au xvii*' siècle.
Le reste du terrain passa au Domaine, et fut acquis par les Dominicains qui, sous la directinn du P. Lacordaire, y lircnt bâtir un couvent et réparèrent la chapelle, qu'ils trouvèrent dans un état déploraiile.
Les Dominicains ayant éit- expulsés en 188G, de nouvelles constructions se sont élevées à la place de l'ancien couvent, et la chapelle seule a été conservée. Le gouvernement roumain en a fait I 'ac(iuisilion, et elle est actuellement alTectée au culte de la religion orthodoxe.
L'histoire lilléraire du eoll'':;e de Beauvais n'est pas moins intéressante (pie sa fortune à travers les siècles.
Paiini les maîtres i\u\ l'illustrèrent on conqite saint François- Xavier, ([ui y enseigna la |diiIosophied'Aristole et fui avec saint lu'nace de Loyohi un des fondateurs de la Société de Jésus '. Nous citerons eiieoie Pierre Uauius et Oiuer Talon, amis inséparables, ils se partageaient reuseii:iieiuent de la rlnHoriiiiu^ et c'est à eux que lemonle l'usige adopté dans nos lycées île jiailager l'enseignement de la rhétoritpie entre deux professeuis. Signalons encore .\rnaud d'Ossat, qui eut la gloire de conclure la réconciliation d'Henri IV avec l'Eglise et fut créé cardinal en i:;'.)S •■. ('.ol'lln. .Me>enL:uv, lleu/.el. Crévier.
1. Arcli. (lo la l'i-ci'i'cniriMii- polii-c, l'arloii /•(inl/iri '2. Cliajiotin, i>. 515.
r.. Ibiit., p. 180.
Ajoutons-y Rivard, qui y enseigna la philosopliie pondant quarante ans', introduisit dans les classes l'étude des Mathématiques, et composa plusieurs ouvrages de sciences qui eurent de nombreuses éditions. Balthazar Gibert, le contemporain de Hollin et son critique sévère, y enseigna la rhétorique quatre ans - et passa de là aux Quatre-iN'ations, où il continua pendant cinquante ans le môme enseignement. Nous l'avons signalé comme ardent janséniste; il mourut dans les mêmes sentiments que RoUin en 1740. Nicolas Sevin fut plus de cinquante ans professeur de troisième à Reauvais;il passait pour l'homme du monde qui jugeait le mieux l'esprit des jeunes gens, et Boileau, son élève, en faisait le plus grand cas ■*.
Parmi les élèves célèbres qui étudièrent à Reauvais, figurent en première ligne Antoine Arnauld, surnommé par les siens le grand Arnauld *, et son neveu Isaac le Maistre de Sacy. Tous les deux tiennent une place considérable dans l'histoire des lettres et surtout dans la querelle du jansénisme. Nommons encore Olivier Patru "% Boileau Despréaux, Charles Perrault, l'auteur des contes de fées, et son frère Claude, qui s'est immortalisé par la construction de la magnifique colonnade du Louvre, enfin Louis Racine, fils du grand poète.
Cyrano de Bergerac fut également élève du collège de Beauvais sous l'administration de Grangier". Dans sa comédie du Pédant jonc, la scène se passe au collège de Beauvais et le pédant n'est autre que Grangier lui-même, à peine dissimulé sous le nom de Granger. Molière l'a imité dans les Fourberies de Scapin.
Procès-verbal de la visite du collège de Beauvais le 17 juillet 1709, Rollin étant Principal '.
Aujourd'hui visite du collège de Dormans-Reauvais; ont comparu devant le tribunal de l'Université maîtres Boutillier et Rollin, Principaux, le Sous-maître, les Chapelains, excepté maître Vittement qui est absent, et maître Chastelain qui, dit-on, souffre de la colique, huit professeurs, dix-sept boursiers et des pensionnaires en si grand nombre que le collège peut à peine les contenir tous : jeunesse fiorissante qui, semblable aune cire molle entre les mains de maître Rollin, reçoit avec docilité ses excellentes leçons et se forme, sous sa direction, aux bonnes mœurs.
Tout d'abord boursiers et pensionnaires prononcèrent et offrirent