‹ Roman incohérentChapitre 47 sur 93 · LA FRANCE EST HALETANTE · texte numérisé non relu

LA FRANCE EST HALETANTE

TRENLAMOR

Le jour où cette affiche flamboyante sur papier bleu, vert et rouge, sortit des imprimeries, un compositeur,

essoufflé comme le Messager de Salamine, traversa les groupes qui stationnaient sur les boulevards, etpénétra comme unboulet dansle cabinet de M. Plénipoen criant:

— Il faut enlever les affiches! C’est à recommencer!

— Il est fou! il est fou! il est fou! s’écria Plénipo.

— Non, monsieur, c’est le prote.

— Qu’on l’enferme ! Expliquez-vous ! C’est delà fièvre! de la démence! du délire ! Mon ami, vous avez le vertige.

— Non, monsieur... on s’est trompé... à la mise en pages... toutes les lignes sont interposées, et les caractères indiens sens dessus dessous, la queue en l’air.

plénipo. — Cet homme simple m’ouvre des horizons... il me révèle une série d’idées nouvelles... Tenez, mon ami, voilà vingt francs, courez à l’imprimerie... on roule, n’est-ce pas?

l’homme. — Le tirage est arrêté.

plénipo. — Allez. Au lieu de tirer les affiches à cinq mille dites qu’on tire à soixante mille. L’affiche est cent fois plus indienne avec ces caractères renversés que lorsqu’ils étaient en place. Je la trouve bizarre et fantastique, cette affiche... Elle est fort étrange... Portez mes félicitations à l’imprimerie... Le hasard est un maître... Allez ! mon ami, allez !

(Stupeur generale.)

Feuilleton du Journal populaire.

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