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CHAPITRE IV

Oui, c’est bien Lui!!!

Amis, Frères, Étrangleurs, Chefs, c’est moi ! ! !

Quel était l’homme qui venait de parler?

La veille, le fleuve l’avait englouti ; mais la jeune fille au corsage moiré, légère comme les phalènes des lacs bleus et paisibles, l’avait jeté inanimé aux quatre conducteurs du radeau .

Quand il revint à lui, il porta la main à son front.

Il se souvenait!! !

Vingt fois, sous vingt ponts, supendu à vingt arches, vingt suicides avaient été déjoués.

Vint fois le fleuve l’avait absorbé !

Vingt fois la jeune fille, toujours souriante, avait repris sa proie !

Il se leva, debout devant elle, ruisselant encore, les cheveux collés sur les tempes, impassible et calme comme un jeune dieu.

— Ecoute, dit-il, je suis las d’un amour que tu m’im* poses... Depuis le jour où je t’ai rencontrée, mille femmes qu’on envie, mille femmes pour lesquelles on se ruine, on devient fou, on meurt... mille femmes ont tenté comme toi d’être aimées de l’homme que tu crois avoir sauvé... Ah ! tais-toi et ne m’interromps pas... Ces lemmes, elles se sont tordues à mes pieds, comme des reptiles, dans un impuissant délire ; ces femmes épuisées ont roulé du trône de l’idéal au ruisseau de la

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honte; je leur ai dit mon nom... Ah! ah! ah! tais-toi, maudite !...

— Arrière ! cria la jeune femme, la main crispée sur un poignard turc au fourreau d’ivoire. Arrière ! A moi ! ! !

Les hommes parurent.

— Saisissez-le.

Au moment où ils s’approchaient pour exécuter cet ordre, tous reculèrent en s’écriant :

C’est LUI ! C’est LUI ! ! C’est LUI ! ! !

LUI, se tournant alors vers la femme renversée en arrière, les cheveux épars et les reins brisés :

Voici mon dernier mot.

Je suis TRENLAMOR.

— C’est faux !

— Dirigez ce radeau sous les latitudes les plus boréales de l’Océan Pacifique.

— Tues...

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