LIVRE XII. — CORINTHE
Le livre XII, moins le chapitre 11 et deux pages du chapitre iv, est de 1846-1848.
Feuillet 246, verso. — L Histoire de Corinthe depuis sa fondation. Cette variante dans le premier vers du quatrain sur M"'" Hucheloup :
Rlle empeBe à dix pas, elle empoisonne à deux.
Tout le verso du feuillet 246 est rayé, et le texte , repris et développé en marge, est suivi de douze pages écrites en exil, constituant la presque totalité du chapitre 11. On se rendra compte de l'importance de cet ajouté en se reportant page 265 de ce volume, au vers :
B>^egale si tu peux et manqe si tu l oses.
Ce vers était suivi de ce passage, transformé depuis :
ioly et Grantaire entrés a Corinthe pour déjeuner n'en étaient plm sortis. Ils j étaient seuls depuis le matin, Us autres étant allés «voir les événements x ; la table ou ils s'accoudaient était couvnfe de bouteilles vides. Deux chandelles j brûlaient, l'une dans un bougeoir de cuivre
''' Corinthe. — t^' Verso du feuillet actuellement paginé 245.
pjrjaitement vert, l'autre dans le goulot d'une carafe jélée. Nous devons à la ve'r'ité de dire que vers deux heures après-midi, Joly et Grantaire e'taient prodi^euwnenî gais. Ils trinquaient, et Grantaire à cheval sur un tabouret, sa cravate défaite, les deux bras e'tendns, le verre à la main, jetait à la grosse seivante Laure^^'l ces paroles solennelles : — ^^j/on ouvre les portes du palais! J^J^e tout le tnonde soit de l'Académie fi-ançaise, tt ait le droit d'embrasser viadame Hucheloup! Buvons!
Et Joly s'écriait :
— ^ui donc a décroché les étoiles sans ma permission ?
Le verso du feuillet 246 s'enchaînait au feuillet actuellement numéroté 261.
Feuillet 261. — III. La nuit commence a se faire sur Grantaire. Quelques ratures sous lesquelles nous découvrons l'antipathie de Victor Hugo pour les parapluies :
Bossuet était descendu au-devant de Courfeyrac. Tiens! dit Eaigle de M eaux, tu vas t' enrhumer. Pas de parapluie!
Courjejrac haussa les épaules. E' école romantique , dont il était, a toujours hai et méprise les parapluies.
— En parapluie! jit-il, jamais! plutôt la tombe!
— Tu as tort, dit Bossuet, c'efl élégant. Tu ne connais donc pas le mand chic anglais, un immense riflard?
Le texte de 1848 se poursuit jusqu'à : V.i dormir ailleurs! cria Enjolras. Après quoi nous trouvons une intercalation de trois feuillets, constituant en grande partie le chapitre iv. L'écriture de 1848 reprend au feuillet 264.
Feuillet 271. — VI. En attendant.
Les vers qui font de ce chapitre un des plus ch?.rmants du roman, n'étaient pas d'abord destinés aux Misérables. La double feuille qui les contient est datée au bas J2 9'""' JS46, et porte en tête, outre le titre : Chanson, cette mention, d'une grosse écriture : Ajouter Prouvaire à l'énuinération des insurgés. Il semble que ce dernier personnage ait été créé pour mêler un peu de poésie à cette sombre épopée. En marge de la chanson, et d'une encre plus noire, sans doute en 1848, Victor Hugo a ébauché les quelques lignes d'cn-tête du chapitre vij puis, en 1860-1862, il a bilîé le tout, placé avant l'ancienne version deux feuillets sur lesquels il a récrit le début, recopié les vers à l'encre rouge, et terminé son chapitre. Deux strophes offrent quelques variantes} nous les donnons en petits caractères au-dessus du texte imprimé :
toi, coquette, rose, Nous vivions cachés, contents, porte close,
Folle, tendre, et moi, d'amour éperdu.
Dévorant l'amour, bon fruit défendu.
Oh ! le premier jour qu'en mon cliarmant
La première fois qu'en mon joyeux bouge
t'^ Premier nom de l'unique servante de Corinthe, le personnage de Gibelotte avant été ajouté plus tard.
Je pris un baiser à ta lèvre en feu,
• Tu revins chez toi , pensive et très
Quand tu t'en allas, décoiffée et ronge,
Moij j'étais j'adorais
Je restai tout pâle et je crus en Dieu...
Le chapitre vu a été écrit en 1847-1848 sur le reste du papier employé pour la « chanson ».
Feuillet 274. — VIII. Plusieurs points d'interrogation. . .
Au début, ratures résumant l'ajouté marginal des deux premiers paragraphes. Au bas du verso quelques lignes rayées sont reportées et développées plus loin.
LIVRE XIII. — MARIUS ENTRE DANS L'OMBRE. {Autre titre : Passage du blanc au noir.)