‹ RomanceiroChapitre 44 sur 96 · DOM JOAN D'ARMADA · texte numérisé non relu

DOM JOAN D'ARMADA

Son altesse, que Dieu garde, donna l'ordre à Pamirauté que le comte se préparât * e matin à prendre le large. Comme le comte s e prépara d'une merveilleuse façon ! Il fit, à l'heure de minuit, tirer le canon de partence. W y eut alors bien des larmes répandues tout A e long du quai. Les mères pleuraient pour ^urs fils, craignant de ne les plus revoir.

En arrivant sur le navire, on entendait grandes rumeurs. Là le maître et les contre-maîtres se montraient actifs à Penvi. Ah! quel floble commandant a cette royale frégate, donnant signaux dans des sifflets, des sifflets Q eufs garnis d'argent! Ah quel noble commandant a ce royal bâtiment, donnant si-

gnaux dans des sifflets, des sifflets neufs e* 1 tourés d'or.

Dom Joan naviguait, suivant la route or donnée, on était au milieu du jour, il envoya son gabier sur la hune. Le gabier monte in continent pour voir ce qu'il découvrirait Monté à la pointe du mât, il s'écria d'une voi: haute. — Mettez en batterie, Dom Joan, e chacun à ses pièces. Voici une si grande flott qu'elle cacherait soleil et lune.

Dans cette flotte qui venait, commandai un renégat. Celui-ci jurait par sa barbe qu dom Joan le lui payerait. Dom Joan qui 1'.

entendu se sent tout rempli de tristesse. Saî sissant un Christ en ses bras, il s'écrie de 1 poupe à la proue : — O petit fils de saint Anne, fils de la vierge Marie, ne permette pas, ô Seigneur, que sur nous l'emporte 1 Turquie ; ne permettez pas que les Mores s remplissent d'orgueil et que vos fils se reir plissent de couardise.

Les deux flottes s'abordèrent quand on fi au milieu du jour. La fumée était si granc qu'on ne pouvait plus se voir. Le boul qu'envoyait Dom Joan était de fer et brisa tout. Le boulet qu'envoyaient les Turcs :

brisaient en petites balles. Tant de sang éta

DOM JOAN D'ARMEDA 35

I répandu qu'il s'écoulait par les dalots, il y avait tant de cadavres qu'ils empêchaient les manœuvres. De sept cents il ne restait plus que quatre-vingt sur une galère, avec ses mâts brise's, son château de poupe démoli, avec son pavillpn à la traîne, à la honte de la Turquie.

En arrivant dans leur pays, ils jetèrent l'ancre en lieu sûr, et leur roi qui les attendait demanda ce qui était arrivé. — C'est Dom Joan d'Armada qui a tout coulé bas.

Le roi répondit : — Je n'ai regret de mes navires, j'en ferai faire de meilleurs, j'ai regret de mes hommes qui étaient la fleur de la Turquie. Qui a gagné cette bataille de si grande importance? — C'est Dom Joan d'Arroada qui est le roi de la bravoure.

^ouS^dbï5S^db!f^

SILVANINHA

^Uvaninha se promenait en haut dans les

^ galeries, elle tenait un sistre d'or. Oh !

Qu'elle en savait bien jouer ! Mais si elle jouait

bl en, elle chantait mieux encore. A chaque

Pas qu'elle faisait, son père la poursuivait de

s °n amour. — Oserais-tu bien, Silvaninha,

i ^ne nuit la passer avec moi? — Mon père,

' Une nuit, deux nuits, toutes les nuits, si vous

Voulez; mais les peines de l'enfer, qui les

souffrirait pour moi ? — Je les prendrai ces

peines, Silvaninha, car chaque jour tu me les

fais ressentir.

De là s'en fut Silvaninha, elle s'en fut outrée ; elle rencontra sa mère sur le parvis d'un ermitage. — Qu'as-tu donc , Silvaninha ?

Qu'est-ce que tu as, ma fille ? — Oh ! r quoi ai-je un tel père? Faut-il que je se fille? Il me poursuit de son amour, c mère, chaque jour. — Va, ma fille, à la son; prends une blanche chemise, que 1 soit brodé d'or et les manches d'argen Tu te mettras dalis mon lit, je me m< dans le tien, et que la Vierge nous au vierge sainte Marie.

Quand il se fut vers minuit, voilà son qui survient. — Si j'avais su, Silvaninhs tu fusses si corrompue, oh! je n'aurai pour toi bravé les peines de l'enfer. n'est pas Silvaninha, mais la mère qui 1 fantée. Elle enfanta aussi dom Alardos, tre de la cavalerie; elle enfanta aussi Pedro, maître de l'infanterie. Elle enfan vaninha que son père poursuivait. — Ma à la fille qui déshonore son père ! — Ma au père qui d'amour poursuit sa fille !

Il l'enferme dans une tour où soleil n n'entrent, on lui pèse sa nourriture, < mesure son eau. Au bout de sept ans, que la tour s'ouvrit. Silvaninha se i une fenêtre haute et des yeux rencon mère qui travaillait à un coussin. — So bien rencontrée, ma mère, ô mère de

SILVANINHA 3$

c °eur. Par le Dieu du ciel, je vous prie, donnez-moi une jarre d'eau, car la vie me quitte, ca r mon âme s'arrache de mon corps. — Je te n donnerais, ma fille, si j'en avais d'em- Poisonnée, car voilà sept ans que tu as brouillé Jaon ménage. Ton père a juré par la croix de son épée que le premier qui te donnerait de l'eau aurait la tête coupée. Silvaninha monta à une autre fenêtre plus haute ; elle vit de là ses frères qui couraient des lances. — Vous voilà, mes frères, mes frères de mon âme. Je vous demande par le Dieu du ciel que vous me fassiez donner une jarre d'eau, car la vie me quitte, car mon âme s'arrache de mon corps. — Je t'en donnerais, ma sœur, si j'en avais d'empoisonnée, car mon père a juré par la croix de son épée que le premier qui te donnerait de l'eau aurait la tête coupée.

Silvaninha monta à une autre fenêtre plus haute. De là, elle vit son père qui jouait aux billes. — C'est vous, mon père, mon père de mon âme. Je vous demande, au nom du ciel, que vous me donniez une jarre d'eau, car la vie me quitte, car mon âme s'arrache de mon corps; d'aujourd'hui à demain, je serai votre maîtresse.

— Accourez, pages, valets, serviteurs de ma

maison, les uns avec des jarres d'or très avec des jarres d'argent ; le prei arrivera aura une commanderie, c sera le second aura la tête coupée.

Quand les valets arrivèrent, Silvan pirait dans les bras de la sainte Vierge anges mises au linceuil.

— Sois heureuse, Silvaninha, Si!

de mon cœur. Ton âme va au ciel, la est condamnée.

Page 1