‹ Romancero de Champagne (volume 2)Chapitre 106 sur 129 · UAND ON CRIA LA PAIX A REIMS · texte numérisé non relu

UAND ON CRIA LA PAIX A REIMS

Vous, esperitz et vertueux courages, Plaisans, honnestes, loyaux et pacifiques, Saillez acop de voz nobles bernages, Engins subtilz, caultz et scientificques, Et regardés les euvres deïficques Dont Dieu nous a si grandement doez Que tous noz deulz sont aujourd'huy muez En joyes, en chantz, en plaisirs et en jeuz, Par ces trois Dames, lesquelles cy voyez : C'est France et Flandre, et la Paix entre deux.

Huns et les Vandales, sortie de ses ruines, elle traversa noblement le Moyen -Age sous ses seigneurs particuliers, et cessa de jouer un rôle important quand prit Ad le comté de Champagne. — Sa cathédrale était dédiée à saint Mammès. Devant le maitre-autel était un tombeau de bronze sous lequel reposaient, dit la légende, les compagnons de Daniel. Leur épitaphe était ainsi conçue :

Sub hoc sarcophago Jacent Sidrac, Misae et Abdenago, Quos rex Persarum Zenonas Jussit ireLingonas Ad defendendos daemonas.

En 1621, elle était ainsi rédigée :

lu hoc jacent sarcophago Sidrac, Misac, Abdenago, Igné usti ut pelago, Quos rex Persarum Zeuonas Transferri jussit Lingouas, Ad eiFugandum dsemonas.

Os reliques auraient été apportées de Constantinople m A*o, sous le W'gnc de l'empereur Zenon.

Vouloir divin a conduit ces ouvrages; Par luy sont faitz ces ouvres mirificques ; Du ciel sont cheues ces plaisantes ymages, Doulx maintiens humains et angeliques.

Ne sont ce pas précieuses relicques?

Pensez que ou y ; ainsi fault que croyez. Et pource, enfans , soyez tous envoyez De rendre loz au Dieu celestieulx, Pour ces trois corps qui vous sont envoyez : C'est France et Flandre, et la Paix entre deux.

Tremblez acop, envenimez langaiges, Cueurs desloyaulx et gens dyabolicques, Pervers, maulditz, plains de crueulx oul-

[traiges ; Ne descordez à ces joyeux cantiques.

Muer vous fault vos lances et vos picques, Et que d'armeures vous soyez desarmez, Affin que mieulx ceste paix advoez, Et que de cueurs loyaulx et vertueux Vons maintenez tousjours ces pointz liesf : C'est France et Flandre, et la Paix entre deux.

Prince françoys , tes faitz gloriffiez Nous gratulons d'ung désir convoiteux, Puis que ces trois ensemble aliez :

C'est France et Flandre, et la Paix entre

[deux (1).

(1) Louis XI n'avait pu marier son fils Charles à Marie de Bourgogne : en 1477, elle avait épousé Maximilien, archiduc d'Autriche, et la rivalité des maisons de France et de Bourgogne continua au grand préjudice de la Champagne, dont elle tuait le commerce. En 1482, un traité de paix fut cependant conclu entre les deux puissances. La joie fut grande, des fêtes eurent lieu à Reims. G. Coquillart fit ces vers pour expliquer, sans doute, une allégorie à personnages posée sur un échafaud.

LE DIT DU SACRE DE CHARLES VI (30 Mai 4484.)

Nostre roy, prince et souverain seigneur, Treschrestien nommé par excellence, A qui est deue gloire, louenge, honneur, Subgection, amour et révérence, Vostre cyté de Reims obeyssance Vous faictpar moy, qui cy la représente, Et de franc cueur, en vraye confidence, Les clefz des portes humblement vous

[ présente.

Roy très puissant, mon souverain seigneur, Reims tresancienne , par grande humilité, Son cueur vous ouvre par excellent honneur, Vous promettant garder fidélité (4).

M) Quand Charles VIII vint se faire sacrer à Reims, il trouva à la porte de la ville une jeune et jolie fille, de la famille Moét, vêtue d'une robe bleue semée de fleurs-de-lis d'or, qui lui offrit les clefs de la cité en lui disant ces vers — Un peu plus loin, était la fontaine de jouvence, désignée par ce quatrain :

C'est la fontaine de jouvent, Où les vieux se baignent souvent, Dont rajeunissent aussy beaux Comme sont jeunes jouvenceaux .

Cérémonial françois, GoniïFRov, t. I, p. 187,

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