BAYARD, LE CHEVAL DE MAUGIS D'ARDENNES
Aussy y est l'oye du Capitule, Et le corbeau, que Pline tant extolle , Car parler sceut comme font les humains, Le gerfaut blanc du haut roy des Romains. . . (1 ) , L'ours de sainct Vast, le pourceau sainct
[Anthoine, Le sage chien propice et tout ydoine, Qui apportoit à manger à sainct Roch, Et l'ourse aussi que nourrit en un roch Le preux Ourson, et la louve bénigne Qui excusa nourisse féminine Au fondateur de la cité de Romme; Encore y est le lyon sainct Hyérosme, Et de sainct Georges aussi le bon cheval, Le fort Montaigne et le fier Rucéphal, Savoye aussi, le coursier au roi Charles, Que meilleur n'eustde Rommejusqu' Arles; Aussi, pour qu'il estoit noble et bon, Honneuré l'a madame de Bourbon ; Et tout Bayart, qui n'est plus en Ardenne. Princesse illustre, et se je ne te tienne En dénombrant les autres bestelettes Qui sont céans vivans des herbelettes,
(1) Maximilieu, empereur d'Autriche.
Souef flairans et doulces aromatiques, Scavoir te fais par raisons autentiques Que droit cy sont, par leur bien et mérite, Lesaignelets de saincte Marguerite, Et les brebis qu'elle gardoit aux champs. Aussi y sont, sur fleurettes couchans, [appert, Les deux beaulx cerfs chassés, comme il Par sainct Eustache et monsieur sainct
[Hubert... (4).
(1) Ce fragment est tiré de la deuxième Epître de VA» mant vert à Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays- Bas. Jean Lemaiie de Belge* la consolait de la mort d'un perroquet vert qu'elle avait perdu. — Illustrations des Gaules. Paris, 1528, fol. 65.— Ce passage constate la présence légendaire de Bayard dans les Ardennes. Le poète ne l'en fait sortir que pour le mettre en paradis. — Savoye est le cheval de Charles VIII. — Madame de Bourbon est Anne de France, fille de Louis XI, femme de Pierre de Bourbon. Lemaire avait été à son serviee.