‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 15 sur 92 · LA COMPLAINTE DU BRACONNIER · texte numérisé non relu

LA COMPLAINTE DU BRACONNIER

Arrêtez vos égaremens, Fainéans, troupe vagabonde, Qui molestez impunément, Et qui chagrinez tout le monde :

Le roi connoît, en ce jour,

Toutes vos fdouteries ;

Croyez-moi, c'est le plus court, Changez vos mœurs et votre vie.

Quoique depuis' longtemps nos rois.

Par déclaration royale.

Ont tenté déjà plusieurs fois D'anéantir votre cabale,

La pitié donne les mains

A l'horreur du brigandage,

Et ces monstres inhumains Continuent partout leur braconnage.

l\ en fut de ces séducteurs, Qui, pour cacher leur perfidie, Sans qu'ils fussent des déserteurs, Ont demandé une amnistie ; Sous ce prétexte spécieux, Depiiis lors dans le royaume, L'on voit quantité de gueux Trancher partout de l'honnête homme.

L'on va poursuivre avec raison Les crapuleuses femmes et filles, La perte des jolis garçons, La ruine de tant de familles ;

L'on ne verra plus traîner

Celle odieuse canaille

Qui û'csl partout érigée, Ou pai" pitié, ou par audace.

Tous ces braconniers, ramassés Dans la campagno et dans les villes, Seront aussitôt nmprisonnés.

Pour expier leurs crimes.

Cet ordre va procurer

La tran([uillité féconde :

L'on ne va plus redouter Cette cohorte vagabonde.

Ne craifirncz plus d'être insulté Par les biigands et la canaille ; Depuis peu il est arrêté D'amasser tous les riens qui vaille.

Sçacbez, vous, qui ra'écoulez,

Qui chérissez le travail,

Qu'à l'honnête probité, Le roi use de représailles.

Dans votre édit puissant, Bourbon, Ne comprenez point, je vous prie, Les braves marchands de chansons, Qui gagnent honnêtement leur vie.

Leur métier est de chanter

Les honneurs de la patrie.

En gagnant de^ros sujets L'amitié et la sympathie (1).

(1) Troycs^— Colleclion de M. A. Socard.— Cette complainte fut imprimée àTroyes.eu 1717, à la suite du récit en prose d'un combai soutenu;» lt> 3 Novembre, par quinze braconniers, rebelles et assassins, contre la brigade de la maréchaussée de Nogent-sur-Seinc, souteiuio par vingt-cinq dragons du régiment du Dauphin, &u lieudit Frirambault, à cinq lieues de Nogeat-sur-Seinc.— Elle fait allusion aux nouvelles ordonnances royales rendues contre les malfaiteurs et vagabonds.

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