AU PASSAGE DE MARIE-LOUISE A REIMS
Louis', quand chacun s'empresse A prouver son allégresse, Permettez qu'à notre tour, Je vous chantions sans détour.
Du cœur vous aimez l' langage, Et, sans craindre le holà.
Bien sûr de vous plair', je gage, J' voulons toucher c'te cord'-là.
On gémit de vot' absence.
Et l'on chérit vot' présence ; Vous voyez les Champenois L' disputer aux bons Viennois.
J' disons plus, la France entière, Qui vous révère déjà.
Franchirait mainte barrière Pour vous offrir c' iribut-lâ.
Dans un temps plus favorable, D' nos jardins, reine adorable, J' vous offririons les primeurs En fait de fruits et de fleurs ; Mais des fruits de la sagesse Votre cœur toujours brilla :
Et nos roses, jeun' princesse, N'auront pas c'te fraîcheur-là.
Je savions qu' dans les gazettes, lleureus' d'être vos trompettes , On vantait votre beauté ; Nous, j' préférions la bonté A c't air rempli d' bienfaisance.
Nous jugeons très-bien, oui-dà, Qu' c'est pour vous un' jouissance De pratiquer c' devoir-là.
Louis', j' vous croyons sans peine Toutes les vertus d'un' reine.
Dam ! c'est que notre empereur En mérite est connaisseur.
Et puis tel père, tell' fille.
Le bon sang toujours parla.
Tous les enfants d' la famille Se r'connaiss'à ces traits-là.
Comblez bien vit' notre attente ; Donnez-nous l'imag' vivante De notre Napoléon :
Il faut greffer un grand nom.
Les bons vers sont d'une espèce Qui n'est pas commune, dà !
On ne saurait, bell' princesse.
Trop avoir de c'te grain' -là.
Votre époux, plein de courage.
Aura grand cœur à l'ouvrage ; Souvent un habil' guerrier Est encor boa jardinier.
Et puis dans un' terr' féconde. Tout pouss' vit', j'éprouvons c'ia ; Depuis la naissanc' du monde.
On connaît c'4ecultHr'-là.
Pardon si, dans nol' hommage, J* blessons un peu V bel usage.
Ah ! de nous, sauf vol' respect, L' compliment n'est pas suspect.
Bon cœur, franchise et tendresse, Louise, en deux mots, nous v'ià.
Je chérissons not' princesse Sans connaît' ces distanc'-là (1).
(1) CoBDA, cxHloclrinaire. — Collecl. de M. Bri«sart. — Maric-Louisc ne jugea pas à propoa d'accepter le déjeuner que les Rémois avaient préparé; elle préféra celui qui l'attea" dait à Sillery.