LE CONSCRIT RÉFRACTAIRE
Hélas ! dans un moment d'erreur, Insensible à la renommée, J' fus sourd à la voix de l'honneur.
Et ne rejoignis pas l'armée.
Mon pardon, qu'on vient d' m'annoncer.
Au rang des Français me replace ; Ma mère, j' pourrai l'embrasser, Et c'est au roi que j'en rends grâce.
l'épicurien.
Comme ses augustes aïeux.
Ayant fait bénir sa couronne, Charles dit : — Au plaisir je veux
Que chaque Français ^'abandonne.
Applaudissant un tel discours, Sans, craindre que je ne me lasse, J; boirai, j' dans'rai pendant huit jours. Et c'est au roi que j'en rends grâce {\).
(l) CocPART, chef du bureau ctés ilièâtres. — Si leschansonniers furent partout inspirés à l'occasion dk sacre, les auteurs dramatiques ne 1^ furent pas moins. — A cette occasion , on joua le Bourgeois de Reims , par MM. Menossier et Saint-Georges ; — la Clémence de David, par M. D. Arnaud; — la Couronne de fleurs, par MM. Viol, Gersain et Gabriel; -• la Route deReims, par MM. Lafillard, Domergue et Gombault ; — les douze Travaux d'Hercule, par le cKevaliér de Piis ; —l'En' trée à Reims, par MM. J'aquelin, Coupàrt et ôvernay;— Fenêtres à louer, par MM. Désàugiers et Gentil:— l'Heureux Jour, ou une Halle de cavalerie, \)Ar M. Saint-Hilaire ; — Louis XII, ou la Route de Reims, par MM. de Saint- Georges et Laureàl ; — Ptiaramond, parMM. Anéèlot, Guiraud et Soumet ; — 'fc Voyage à Aeims, par MM. Jouslin de la Salfe et Grosnier. —Quelques-unes de ées "pièces de circonstance ont du mérite; ou y trouve de l'esprit et du patriotisme, plusieurs d'entre e^es sont déjà difficiles à rencontrer.
JEANNE D'ARC A CHAKLES Vil.
L'avais promis, êtes sacré, beau sire,^ De vos malheurs perdez le souvenir ; Sur votre front, où majesté respire, Est le signal du plus doux avenir.
0 Providence, Exauce-moi ; Bénis la France Et protège son roi !
Entendez-vous cette heureuse Champagne En cris d'amour exprimer son émoi ?
Partout, partout le bonheur accompagne Le bon Français qui contemple son roi.
0 Providence, etc.
Ecoutez-moi, c'est Jeanne qui vous parle,. De tant d'amour ne soyez point surpris ; L'amour sera compagnon du roi Charle ; Le trouverez encore dans Paris.
0 Providence, etc.
A cet autel, où reçûtes le chrême Qui fut aux cieux préparé pour Clovis,
Cent rois viendront, quérir, comme vous-
[même^ Le don sacré qui renforce les lis. 0 Providence, etc.
Un roi viendra, donnant douce espérance, Qui, comme vous, Charles sera nommé.
Et, pour le bien qu'il doit faire à la France^ De tout Français sera le bien-aimé !
G Providence, etc. (1).
(1) C.-J. ROGGKMMTRE.