ET LE TIN DE CHAMPAGNE
François, chantons de tous côtés
Cette grande défaite, Qui des ennemis dissipés
Rend la Champagne nette :
Car ils ont montré les talons,
La faridondaine,
La faridondon, En voulant avoir Landrecy,
Biribi, À la façon de Bar bar i, Mon ami.
Eugène est bien abatardy De renoncer à Landrecy, Au reguingué!
Au Ion Ion lai Car il avoit promis aux dames Qu'il boiroit du vin de Champagne.
Eugène, assiégeant Landrecy,
Croyoit, cette campagne, Avoir, sans dire : — Grand mercy 1
Nos bons vins de Champagne.
Le grand Villars si à propos
Le recule en arrière,
Qu'il sera heureux si l'Escaut Se trouve plein de bière.
Eugène, entrant en campagne, Asseura, d'un air hautain, Qu'il alloit droit en Champagne Pour y boire du bon vin.
L'Hollandois, d'un grand courage, Fit aporter du fromage À Marchiennes et à Denain ; Hais Villars, piqué de gloire, Leur cria : — Messieurs, tout beau !
C'est assez pour vous de boire De l'eau pure de l'Escaut (1).
(1) Bibl. Nat. Chamonnier Maurepas, t. XII, p. 118, 119, 191.— Le prince Eugène de Savoie assiégeait Landrecies, le dernier boulevard de la Champagne etde la Picardie : il avait appuyé son camp retranché sur l'Escaut, à Denain. A Marchiennes étaient ses provisions de bouche.— Louis- Hector de Villars, à la tète des milices françaises, enleva son camp, le battit et le fit reculer jusqu'à Bruxelles. La joie fut immense dans toute la France. Nous avons extrait ces couplets des chansons qui célébraient le retour de la victoire sous nos drapeaux.— L'étranger ne put boire nos vins sans dire : Grand mercy ! Le brillant soleil de la gloire éclaira dès lors les derniers jours du grand règne.