ABBESSE DE SAINT-PIERRE
C'est par la chasteté que vous suivez les pas Et le chemin batu de vostre illustre tante ; C'est par la chasteté, que ne vous forçant pas r Soubmettez vos cheveux' à f efforce mordante.
C'est par la chasteté que vous ne faictes cas De la félicité du monde périssante ; C'est par la chasteté que vous vaincquez ci bas Le démon cauteleux et ta chair bouillonante.
C'est par la chasteté qu'une belle couronne De laurier verdoyant vostre chef couronne, Laquelle finira avec l'éternité,
prince. — Quand il mourut, Baussonnet, organe de la douleur publique» fit ce sizain :
France est, comme Artbémise, une veufve esplorée. Qui voue à' son roy mort un tombeau de durée : Bien qu'elle ait Asus son sein ses os plus précieui, S'il faut que ce tombeau s'équipole k la gloire De ce roy redouté de la mesme victoire, Il le faut aussy grand que la terre et les cieux.
Et que vous acquefez une belle demeure Dans le haut firmament, où jamais on ne meure . Mais où l'on vit toujours avec la Déité (1).
(1 ) Cabinet de M . Sacbinet — La veuve de Jean de Foigny imprima à Reims, en 1610, une suite de poésies enl'hon.neur de la ducbesse de Guise et de ses enfants, composées par trois membres de l'Université de Reims, G.Ducbemin, — N. d'Espy— et G. Pintat.— Ces pièces de vers, que nous regrettons de ne pouvoir donner ici, respirent le dévouement le plus complet à la maison de Guise.— Elles durent être écrites de 1600 à 1610.— Le sonnet ci-dessus, composé par N. d'Espy, est adressé à Renée de Lorraine, deuxième du nom, qui succéda, en 1602, comme abbesse de Saint-Pierre, à sa grande-tante Renée I"; fille de Henri, duc de Guise, le Balafré, née en t$*5, elle n'avait alors que dix-sept ans. Elfyé1attfort»joIfe,«tflts. baapx ,yeux, même. sous le voile, tto^àtari.fccGsur du âéarnaja quand il vint à Reims, en 1605. Mais la jeune abbesse sut tenir à distance ce vertgalant. Sous les beaux arbres de l'abbaye, il conta fleurette, mais n'en cueillit pas. Renée mourut,' à (joaratïte- êt-un ans, en 1626, et fut inhumée près de ses demie tantes; Rente F» et Marie de Lorraine, reine. d'Ecosse et m#ra de Marie/ SWart. —Elle mérita donc les éloges, de N, d'pspy.. D'ailleurs, la reconnaissance de nos trois poètes pour le cardinal fondateur de l'Université, leur dévouement à sa famille, se renferment dans de sages limites ; et lorsque la duchesse de Guise vint à Reims, à roeensûra de la mort dr sa saur Renée I r# , l'un d'eux, £, tkftchfmin, & le courage xte mi dire, dans une pièce de vers où il invite les muses et le» nymphes de notre pays à courir au-devant d'elle :
Mais, que craignez- vous, déesses?
Elle tiendra ses promesses :
Elle n'ensuivra Pyrénée.
Qui, sous un traistre service, Vous mit presqu'au ffréeintoe- D'un estai infortuné. •
Un conseil franc et loyal fait excuser bien des flatteries.
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