LA FETE DE ST.-HUBERT
AIR : Du Pirate.
La nuit s’avanc’ ; Le jour commence ; Debout ! chasseur, il est temps de partir ; Point de paresse !
L'heure nous presse ; N’entends-tu pas l’Angelus retentir ?
Déjà l'aurore a dissipé La brume, Et la rosée aura bientôt séché ; Honte au chasseur qui, dormant sur la plume, Quand l'aube luit, reste encore couché !
Qu'il pleuve ou grèle, Qu'il vente ou gèle, Lorsqu’est venu le jour de Sr.-HUBERT, Point on n’écoute L’ Asthme ou la Goutte ; Le vrai chasseur est toujours jeune et vert ; Pour célébrer son patron, il apprête Son vieux fusil qui ne doit pas rater, Puis il déjeune ; en ce beau jour de fête, Pour être leste, il faut bien se lester.
Huit heures sonnent ;
Les cors résonnent Et du départ annoncent le signal ;
Pour notre gloire
Cessons de boire ; Lorsqu'on est gris on tire toujours mal.
Napoléon, près de livrer bataille, Ne buvait point ou buvait à demi ; C’est qu’il voulait, au fort de la mitraïlle, Ne pas voir trouble en voyant l'ennemi.
Comme à la guerre, Comme à Cythère, T1 faut bon pied et bon œil au chasseur ;
Des vieilles armes
J'aime les charmes ; Un fusil neuf dit novice tireur.
Lorsque le sang rougit la carnassière, Et que la guêtre est veuve du sous-pied, Lorsque la veste est grise de poussière, Ce fourniment est fatal au gibier.
Quand, sur la voio,
La meute aboie, En poursuivant Loup, Chovreuil #" Renard,
Suivons sa trace ;
Donnons-lui chasse, Et hâtons-nous d'atteindre le fuyard !
Brailleau, Mireau ne 1âchent point la piste D'un Sanglier, surtout d’un Cerf dix cors, Grand Sr.-HuBenr ! ta faveur nous assiste !
En ton honneur nous boirons à pleins bords.
En vain la Bête,
Qui n’est pas bête, Par des crochets offrira l’ Alibi,
Si cette ruse
Ne nous abuse, Nous chanterons en chorus l’'Hallali !
Et quand, chargés de glorioux trophées, Nous reviendrons affamés au manoir, Un bon souper, digne du temps des Fées, De ce beau jour couronnera le soir.
Oh! douce joie, Quand on se noie. . ..
A table assis, dans des flots de bon vin !
Lorsque l’on chante, À voix ronflante, Le tendre amour, dans un couplet badin !
ileureuse vie, hélas ! trop passagère, Vrai Paradis au terrestre séjonr, Où le chasseur trouve, en vidant son verre, De gais refrains sur le vin et l'amour !