LE MORIBOND
AIR : Du fou de Tolède.
L'été s’en va; la rapide hirondelle Fuit nos climats ;
Le sombre hiver, que novembre rappelle, Vient à grands pas ;
Pauvre malade, hélas ! né sur la terre, Pour y souffrir,
Après avoir vidé la coupe amère, Je vais mourir !
Oui, je vais mourir !
Le vent du Nord dépouille la nature, Tous les hivers ; Mais le printemps lui rendra sa parure, Ses tapis verts ; Aux jours d'avril, l’aubépine embaumée Doit refleurir ; Et moi, dont l’âme à l'espoir est fermée, Je vais mourir !
Oui, je vais mourir !
De jour en jour s’obscurcit la lumière Devant mes yeux ; ;
Ma voix au monde, à mon heure dernière, Fait ses adieux ;
La Médecine use en vain sa science A me guérir ;
Pour moi bientôt l’Eternité commence ; Je vais mourir !
Oui, je vais mourir !
Patrie, adieu ! toi, bienfaiteur du monde, Adieu soleil !
Tout disparaît dans la mort, nuit profonde, Et sans réveil !
D'un jour à peine il me reste l’espace À parcourir ;
Comme un vain songe, à mes yeux tout s’efface ; Je vais mourir !
Oui, je vais mourir!
Pourquoi me plaindre ? en sortant de la vis, On entre au port.
L'Humanité sans cesse est asservie Au même sort.
Le dernier jour qui voit couler nos larmes Doit les tarir ;
Lorsque la vie a perdu tous ses charmes,
Mieux vaut mourir !
Oui, mieux vaut mourir !
Dieu, qui joignit à mon argile une âme, En me créant, N'’éteindra pas cette divine flamme Dans le néant !
Contre la mort, en Chrétien, mon courage Sut s’aguérir ; Sans redouter ce terrible passage, Je vais mourir !
Oui, je vais mourir !
Cette pensée est l’espoir qui console Mes noirs soucis ; Mon âme pure à sa source revole,
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Aux Saints Parvis ; Le Méchant tremble à l’aspect de sa tombe À Près de s’ouvrir.
4 Le Juste seul, en souriant, succombe ; Il sait mourir !
Seul il sait mourir !
DE CHANSON
LE CONVALESOENT.
AIR: Du Chanoine de l'Aurerrois.
Durant le cours d’un long été, Au fond d’une alcôve alité, Séjour fort monotone, J’ai souffert d’atroces douleurs ; Ma face est maigre et sans couleurs, Et ma tête grisonne ; Mais, à l'approche de l’hiver, Enfin je quitte cet enfer ; Ton, ton, ton, ton, Je change deton! (bis.) Pour fèter mon automne.
Jugez sije fus aux abois ; De ti-ane, pendant trois mois, J'ai bu près d’une tonne.
Quand de la sorte on m’abreuvait, Le médecin me prescrivait, Un régime de nonne ; Je veux, pour me dédommager, Comme un moine, boire et manger ; Ton, ton, ton, ton, Je change deton! (bis) Et fête mon automne.
Je sens mes forces revenir ; L'espoir, qui nous fait rajeunir, Dans mon âme rayonne.
Pour charmer mes trop longs ennuis, De courir les champs, jours et nuits, Le désir m’aiguillonne. | Voyons le ciel Américain, ROME, ÂATHÈNES, STAMBOUL, PEKIN !
Tra, la, la, la, Arrêtons-nous 1à ! (bis.) J’entre dans mon automne.
en:
Longtemps j’eus bon pied et bon œil ; Courant, comme un jeune chevreuil, Lorsque le cor résonne, Que de fois, avec mes amis J’ai chassé, même sans permis !
Que le Fisc me pardonne !
Mais la maladie et les ans Ont rendu mes pas chancelants.
Tra, la, la, la, Chasseur halte là ! (bis.) 4:
J’entre dans mon automne.
Sans être un renommé buveur, Je me sens de joyeuse humeur, Quand la vendange est bonne ; À table, le verre à la main, J'aime à chanter un gai refrain, Qu'en chorus on entonne.
Le vin pour ” n convalescent À toujours un attrait puissant ; Tra, la, la. la, Buveur, halte là ! (bis.) J’entre dans mon automne.
CHANSON